Stations de ski : un logement sur deux est une passoire énergétique

Gaetan Pierret
Un taux qui grimpe à 90% pour certaines d'entre elles.

Au ski, il fait froid. Et dans les logements, aussi ! Selon une étude du spécialiste de la rénovation énergétique Heero, un sur deux serait classé F ou G au niveau de son diagnostic de performance énergétique (DPE), soit la moitié du parc. Certaines stations affichent des taux bien plus importants : 79% pour La Pierre St Martin (Pyrénées), 86% pour Piau Engaly (Pyrénées) et même 90% pour Isola 2000 (Alpes du Sud).

Quelques bonnes élèves toutefois : Bellefontainte (Jura) qui ne comporte que 15% de logements F et G, le Markstein et le Champs du Feu (toutes les deux dans les Vosges) présentent des taux de respectivement 18% et 20% de passoires thermiques.

Une annonce tonitruante

L’enjeu est de taille pour les stations de ski qui débutent leur haute saison dans un contexte difficile d’inflation et de flambée des coûts d’énergie. Si elles se sont un temps cru épargnée par la loi Climat et résilience et ses obligations de rénovation énergétique des logements, elles ont connu une sacrée douche froide en octobre. Invité de BFM, le ministre du logement Olivier Klein a dit vouloir éviter les phénomènes de report des locations longue durée vers le secteur de la courte durée. Les locations touristiques et saisonnières seront donc bien concernées par le calendrier d’interdiction de location des passoires thermiques (1er janvier 2023 pour les logements G consommant plus de 450 kWh par m², 1er janvier 2025 pour tous les G, 1er janvier 2028 pour les F et 1er janvier 2034 pour les E). L’annonce médiatique du ministre du logement n’a pour l’instant pas été suivi de texte officiel, mais met déjà les professionnels du ski sous pression, conscients qu’il ne leur reste que cinq ans pour rénover leurs parcs immobiliers.

Ce qui ne se fait pas sans complication car comme le rappelle Heero, ils ne sont pas de toute première jeunesse : «Les stations de skis françaises, tant dans les Alpes que les Pyrénées ont commencé à émerger dès les années 20, notamment la station de Megève dans les Alpes ou Barèges et la Mongie dans les Pyrénées, puis dans les années 45.» A cette ancienneté s’ajoute l’altitude, qui impose l’emploi de matériaux spécifiques. Autant de difficultés à prendre en compte au-delà des coûts, déjà très importants. Heero, qui revendique plus de 150.000 travaux de rénovation énergétique, estime à 450 euros par m² le budget moyen pour gagner une ou deux classes de DPE.