Russie : l'immobilier de luxe sur les dents

La volonté du gouvernement de saisir les biens des oligarques russes agite le marché.

Alors que de premières questions se posent sur l’impact de la guerre en Ukraine sur le marché immobilier, le segment du luxe a déjà, pour sa part, une idée de la réponse.

Le gouvernement a annoncé cette semaine sa volonté de geler puis saisir les biens des oligarques russes dans l’Hexagone. Une décision qui s’inscrit dans la batterie de sanctions prises à l’encontre de la Russie et qui semble déjà faire des remous.

Le site Nice Matin se fait l’écho des inquiétudes locales qui commencent ainsi à émerger. Une transaction de 20 millions d’euros à Saint-Tropez aurait notamment été annulée. Une autre, plus modeste (entre 1 et 2 millions d’euros) aurait été finalisée mais la fermeture de l’espace aérien français aux avions russes empêchent les acquéreurs de venir récupérer les clés.

Comme beaucoup, les agents immobiliers ne voient pas encore se dessiner un impact majeur de la crise sur leur marché. Il faut dire que la clientèle russe semble avoir déserté la France avant même la pandémie du Covid-19. En 2014, l’annexion de la Crimée par la Russie a marqué un tournant. En 2016, Vladimir Poutine enfonce le clou et impose aux russes de déclarer à l'administration fiscale les transferts d'argent pour l’acquisition d’un bien. La pandémie a fait le reste et sonné le glas des visites des russes en France. Ils représentent donc aujourd'hui une partie infime de la clientèle des agences immobilières. Pourtant, la Russie est dans le top 10 des pays comptant le plus de milliardaires résidents (un classement qui inclut les étrangers toutefois) selon le réseau Barnes (voir ci-dessous).

Source : Barnes

Le peu de destinations de la France qui les intéresse sont Saint-Barthélémy, Courchevel, Saint-Jean-Cap-Ferrat ou encore Antibes. A l’inverse, Moscou et Saint-Pétersbourg semblaient attirer les plus fortunés avant la crise. Les deux villes sont positionnées dans le Barnes City Index 2021. Moscou est passé de la 49e à la 19e place l’année dernière et Saint-Pétersbourg a fait son entrée à la 50ème position.