Presque la moitié des offres de Airbnb sur Paris sont disponibles plus de 90 jours dans l'année

Les loueurs professionnels possèdent encore, d'après les chiffres d'Airdna, une partie significative du marché. Airbnb réfute ces chiffres.
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Malgré les efforts de la mairie de Paris pour réduire le nombre de loueurs en meublés saisonniers professionnels, ces derniers représentent encore une portion significative du marché. D'après les chiffres du fournisseur mondial de données et d'analyses sur les locations de vacances à court terme Airdna, contacté par BFM Immo, 55% des logements disponibles à la réservation sur Airbnb sont disponibles entre 1 et 90 jours pendant l'année. A contrario, 22% le sont entre 91 et 180 jours, 12% entre 181 et 210 jours et 11% entre 271 et 365 jours. Au total, ce sont donc 45% des biens qui sont mis sur le marché au-delà de la période des 90 jours. 

Si les chiffres d'Airdna ne permettent pas de connaître précisément le pourcentage de loueurs qui proposent leur bien plus de 120 jours par an à la location - et sont donc de ce fait considérés comme professionnels - ils comptent à minima pour 23% du marché. Début juin, BFM Immo avait comparé le nombre d'annonces de location longue durée et en meublé touristique dans la capitale, en relevant une nette majorité pour la seconde catégorie (25.000 contre 18.000). Le retour des touristes à Paris dynamise le marché : le taux d'occupation (différence entre le nombre de nuits où le bien est proposé à la réservation et le nombre de nuits où il est réservé) est passé de 40% début 2021 à près de 75% en mai 2022 ; le prix moyen de la nuitée passe de 170 à 230 euros sur un an. 

La plateforme a réfuté les chiffres d'Airdna, indiquant à BFM Immo que la «grande majorité des annonces à Paris sont des logements familiaux loués moins de 50 nuits par an».

Le temps n'est pourtant pas à la fête pour les loueurs professionnels qui cherchent des opportunités dans la capitale. La mairie, pionnière dans l'application du principe de compensation en cas de changement d'usage, a en décembre dernier durcit les règles du jeu. Les loueurs qui veulent transformer un local à usage d'habitation en local à usage commercial (nécessaire pour mettre le bien sur le marché) doivent dans certaines zones transformer l'équivalent de trois fois sa surface (contre deux précédemment) de local commercial à local à usage d'habitation pour ne pas déséquilibrer le marché de la location classique. Dans le même temps, une procédure d'autorisation préalable a été mise en place pour la location saisonnières des locaux à usage commercial. 

Le principe de compensation, dont Paris a obtenu validation par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) et la Cour de cassation, essaime en France. De grandes agglomérations comme Bordeaux, Lyon, Lille, Nantes, Nice ou encore Strasbourg ont suivi son exemple. C'est maintenant au tour des zones touristiques : le 1er juin, la réglementation de la communauté d'agglomération du Pays-Basque est entrée en vigueur.