Pierre & Vacances tente un nouveau geste envers ses propriétaires bailleurs

Le groupe leur a fait une nouvelle proposition réduisant à cinq le nombre de loyers perdus.
Une résidence Pierre & Vacances. Source : pierreetvacances.com

Le calvaire des propriétaires bailleurs de Pierre & Vacances Center Parcs (PVCP) semble en passe de se terminer. Le groupe leur a fait une nouvelle proposition, réduisant à cinq le nombre de mois de loyers perdus. C’est moins que l’avenant proposé en septembre, qui nécessitait l’abandon de sept mois et demi. En contrepartie, les bailleurs renoncent aux aides de l’Etat et, plus anecdotiquement, à 2.700 euros de bons de séjours. Dans les deux compromis, le versement des loyers a repris dans son intégralité depuis le 1er juillet. 64% des 18.800 bailleurs individuels avaient signé l’accord de septembre.

Avec cette nouvelle proposition, Pierre & Vacances espère convaincre 85% des propriétaires, seuil indicatif conditionnant la mise en place de cet accord (le groupe se réserve le droit de l’appliquer même si la jauge n’est pas atteinte). Il a toutefois de fortes chances de remporter l’adhésion de ses bailleurs puisque, selon le groupe, les discussions ont repris à l’initiative des avocats des non-signataires de l’avenant de septembre.

La période d’adhésion à cette nouvelle proposition sera ouverte du 15 novembre au 2 décembre 2021 pour les nouveaux signataires et du 3 décembre au 31 décembre 2021 pour les signataires de l’avenant de septembre qui souhaiteraient y adhérer.

Le Syndicat national des résidences touristiques (SNRT) juge les cinq mois de franchise de loyers «raisonnables». «La crise a été dure pour tout le monde, il faut partager la casse», commente Pascale Jallet sa déléguée générale. Un avis que ne partagent pas tous les propriétaires bailleurs de Pierre & Vacances, dont certains refusaient tout compromis. Or, Pascale Jallet rappelle que si l’Etat s’est très vite porté aux chevets des petites et moyennes entreprises touristiques, les plus gros opérateurs ont été un peu laissés sur la touche, à cause notamment d'aides insuffisantes par rapport à leur taille. «Les trois acteurs les plus importants du marché ont tous dû engager des procédures de conciliation judiciaire», rappelle-t-elle. Pascale Jallet indique que l’activité des résidences touristiques a repris à 100% en mer, campagne et montagne. Des difficultés subsistent toujours pour les établissements de villes haut de gamme.

Du côté des particulers, les avocats des bailleurs non signataires n'ont pas encore donné suite aux sollicitations de la rédaction

Pierre & Vacances toujours dans le rouge

Selon Pierre & Vacances, l’amélioration de l’accord de septembre a été permis par la reprise de l’activité, boostée par la saison estivale et la Toussaint. Le groupe indique tout de même avoir subi une baisse de 800 millions d’euros de chiffre d’affaires à cause de la crise. Surtout, ses comptes sont toujours plombés par une dette d’un peu plus d’un milliard d’euros. Il avait pourtant bénéficié de la prise en charge de ses coûts fixes par l’Etat, à hauteur de 10 millions d’euros, ainsi que d’un prêt garanti par l’Etat (PGE) de 240 millions d'euros. 

Le groupe traine ses difficultés financières comme un boulet alors qu’il cherche en parallèle à se recapitaliser. Ses mauvais chiffres expliquent ses difficultés à faire entrer un nouvel actionnaire à son capital. Seul le trio formé par les fonds Alcentra et Fidera et la société d'investissement Atream, a déposé une offre formelle d’intérêt. Leur arrivée au capital devrait induire une perte de contrôle du président-fondateur, Gérard Brémond.