Philippe Taboret, DG de CAFPI : "Fausse alerte sur les taux !"

Selon Philippe Taboret, Directeur Général Adjoint de CAFPI, "le pouvoir d’achat immobilier reste intact" malgré les prévisions alarmistes depuis plusieurs semaines sur une remontée des taux d'intérêts.

Par Philippe Taboret, Directeur Général Adjoint de CAFPI

Depuis quelques semaines, il semble de bon ton de faire du "catastrophisme" en annonçant la remontée inexorable des taux de crédit immobilier. La réalité est différente et ce n’est pas en leur faisant peur que l’on rendra service aux candidats à l’acquisition immobilière et à l’emprunt. Une mise au point s’impose donc. 

Sur les marchés financiers, on n’assiste pas à une remontée généralisée des taux monétaires. Il y a bien une légère poussée du taux de l’OAT à 10 ans, qui ne pouvait pas rester durablement proche de zéro. Mais ce petit redressement ne signe pas le retour durable de l’inflation, loin s’en faut. Ce qui est vrai, en revanche, c’est que certains établissements financiers ont relevé récemment le taux d’intérêt de leurs prêts immobiliers. Les ajustements opérés sont donc d’abord destinés à calmer ce phénomène de surproduction et à permettre aux banques de reconstituer leurs marges. C’est une question de politique commerciale bancaire, rien d’autre.

Le danger d’un amalgame serait de pousser à la précipitation les actuels candidats à l’acquisition immobilière. Il serait irresponsable de les inciter à acheter maintenant, dans l’urgence, soi-disant parce que demain, il sera trop tard…

Un achat immobilier est un engagement important et de long terme qui se prend après mures réflexions et une étude minutieuse du projet. On ne se précipite pas pour acheter le logement dans lequel on va vivre 10, 15 ou 20 ans sous prétexte que le taux du crédit pourrait ne plus être à son minimum.

Les candidats acquéreurs ont d’autant moins de raison de s’affoler que les marchés immobiliers, comme les marchés financiers, sont toujours en leur faveur. Les ventes stagnent à un niveau relativement bas, les délais de transaction s’allongent et les marges de négociation des prix s’élargissent.