Logement neuf : le gouvernement met un milliard d’euros sur la table

Le Premier ministre a annoncé une augmentation significative des aides à la construction et la création d’une commission de professionnels pour lever les freins à la délivrance de permis de construire.

C’est ce qu’on appelle mettre les bouchées doubles. En déplacement en Ile-de-France hier, le Premier ministre Jean Castex a réjoui les promoteurs et les constructeurs immobiliers en annonçant un plan d’un milliard d’euros pour accélérer la création de logements.

Dans le détail, le fonds friche, doté d’un budget de 300 millions d’euros sur deux ans, est abondé de 350 millions d’euros supplémentaires. De plus, alors que l’enveloppe initiale devait être utilisée sur deux ans, le gouvernement a décidé d’accélérer et d’engager l’intégralité des crédits dès 2021. « Les Préfets de Région (…) finalisent actuellement la liste des dossiers financés dans cette première vague. [Elle] sera rendue publique d’ici la fin du mois de mai », a indiqué Matignon dans un communiqué.

Ce fonds s’adresse aux projets d’aménagement de friches dont les bilans économiques restent déficitaires une fois toutes les autres subventions publiques prises en compte. Il représente une aide précieuse pour le gouvernement dont l’objectif de « zéro artificialisation nette » est inscrit dans le projet de loi Climat et Résilience (prochainement en débat au Sénat). 1.120 dossiers ont déjà été déposés. Ils pourraient permettre de construire 37.000 logements sociaux et 64.000 logements libres sur des secteurs en friche, ainsi que près de 5.600.000 m² de surface économique.

En parallèle, le gouvernement va également booster le dispositif d’aide à la construction durable. Il soutient les maires qui densifient les villes afin d’éviter l’artificialisation des sols.

Lever les freins à la construction

Plus que des aides, les constructeurs immobiliers ont surtout besoin de plus de permis. Cela fait des mois qu’ils alertent les pouvoirs publics sur la chute drastique des autorisations de construire. « 384.000 logements ont été autorisés au cours des 12 derniers mois contre 457.000 en février 2020. Toute la chaîne de la construction, de l’autorisation jusqu’à la mise en vente, est en repli », reconnait Matignon.

Pour identifier et lever ces freins, le Premier ministre a décidé de regrouper élus locaux, parlementaires, professionnels du logement et autres experts du secteur au sein d’une commission, présidée par François Rebsamen, maire (PS) de Dijon et ancien ministre du Travail. La commission proposera des mesures, pouvant aller de l’incitation à l’obligation. « Au-delà de la délivrance des permis de construire, [elle] interrogera le droit de l’urbanisme et les dispositifs concourant à la libération du foncier de manière à mieux tenir compte des contraintes économiques et opérationnelles des porteurs de projets », complète le cabinet du Premier Ministre.

Le président de la Fédération française du bâtiment (FFB), Olivier Salleron, se réjouit de cette commission qui « arrive à point nommé » afin d’éviter de basculer dans « une lourde crise du logement ». Sur le pied de guerre, la FFB se dit prête à défendre « les propositions qu’elle a déjà adressées au gouvernement, notamment celles relatives aux permis déclaratifs, au soutien de la primo-accession ou à l’extension de l’expérimentation bretonne en matière de Pinel ». Même son de cloche du côté de la FPI, qui salue ce « signal fort du gouvernement » et se prépare à défendre le rôle des promoteurs immobiliers, « meilleurs alliés des élus pour construire la ville de demain » selon sa présidente Alexandra François-Cuxac.