Logement : les erreurs des acheteurs sous pression

Gaetan Pierret
Dans un contexte de concurrence accrue, les candidats acquéreurs oublient de vérifier des points fondamentaux lors des visites et se voient contraints d’accepter des compromis sur des critères indispensables.
(Crédit photo : Pexels - Karolina Grabowska)

Ne pas confondre vitesse et précipitation. Un adage bien difficile à appliquer quand on veut acheter un logement, tant le projet devient la croix et la bannière. Car hormis les difficultés de financement, les candidats acquéreurs doivent aussi composer avec une concurrence accrue qui les met sous pression. Surtout au moment des visites.

C’est ce que nous apprend la sixième édition du baromètre Qualitel, qui porte sur la recherche de logements des ménages.

La visite, étape décisive mais souvent loupée

Acheter un logement, c’est stressant. Encore plus quand il s’agit d'un premier achat et que le marché est tendu. 47% des répondants de l’étude disent ainsi que la prise de décision a été stressante, avec un pic à 59% pour les moins de 35 ans et plus bas à 31% pour les 60 ans et plus, sans doute plus aguerris à l’exercice.

La tension est d’autant plus compréhensible que les acheteurs ont souvent peu de temps pour se positionner. 84% des répondants n’ont pu faire qu’une à deux visites alors que 25% auraient aimé pouvoir visiter le bien davantage avant de se positionner. Et à raison ! La liste de points à vérifier lors d’une visite est bien longue et les particuliers parfois désarmés face à des points techniques.

89% des propriétaires ayant acheté un logement il y a moins de 5 ans s’est positionné en moins d’une semaine.

Peu de temps et peu de connaissances donc, sans compter les critères indispensables et subjectifs, dépendant des envies de chacun. Conséquence : les Français n’ont d’autres choix que de choisir les points à vérifier.Parmi les points les moins regardés, on retrouve la présence d’une climatisation (59% des personnes ayant acheté un logement il y a moins de 5 ans avouent ne pas y avoir été attentifs lors de leur visite), l’adaptabilité à la réduction de mobilité (57%) et la sécurisation du logement (43%). Malgré l’enjeu d’interdiction de location des passoires thermiques, 34% n’ont pas fait attention au diagnostic de performance énergétique (DPE).

Source : baromètre Qualitel

En revanche, les ménages se montrent surtout attentifs au type de vitrage (88%), la superficie des pièces (87%) et à l’organisation du logement (86%).

Source : baromètre Qualitel

Qui dit vérification partielle dit risque de mauvaise surprise. 68% des propriétaires ayant acheté il y a moins de cinq ans disent en avoir eu au moins une dans leur nouveau logement. Pourtant, parmi les principales déconvenues, on retrouve plusieurs points pas ou difficilement vérifiables lors d’une simple visite (voir ci-dessous).

Top 5 des mauvaises surprises des propriétaires :

le froid l’hiver (17%)

le bruit des voisins (16%)

la chaleur l’été (13%)

le bruit de la rue (12%)

les charges et dépenses (11%)

Des mauvaises surprises qui, sans surprise, amènent à vouloir déménager à nouveau. C’est le cas de 44% des propriétaires de moins de cinq ans.

1 : «Les Français à la recherche de leur logement : entre priorités, compromis et mauvaises surprises», baromètre Qualltel 2022, par Ipsos, 3.056 personnes interrogées.