Logement : ce que veulent les jeunes

Selon la Fnaim, 14% des 18-34 ans sont déjà propriétaires. Parmi leurs critères de recherche, la sécurité arrive en tête et le coût de la transition écologique perçu comme un frein.   
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On parle beaucoup du marché immobilier et des propriétaires, mais moins des jeunes aspirants à la propriété. Dans une récente étude, la Fnaim les a interrogés sur leurs envies immobilières et leurs aspirations pour leurs futurs logements (1). Premier constat : les 18-30 ans veulent toujours acheter leur résidence principale (80% considèrent cela comme important). 14% sont même déjà propriétaires, majoritairement des jeunes actifs (43% sont locataires et 43% logés gratuitement).

Handicapés face au marché

A l’image de leurs aînés, les jeunes aspirent à de l’espace sans pour autant rêver de campagne. La majorité veut vivre dans une ville moyenne (44%). Seuls 28% veulent s’installer dans une commune rurale et 28% visent une grande agglomération. Parmi les critères de sélection de leur futur environnement, la sécurité arrive largement en tête (96%). Suivent la proximité avec la nature (91%) et la présence de services publics et lieux culturels (87%).

Mais les envies de ces futurs primo-accédants pourraient bien se heurter à la réalité du marché. Dans leurs complaintes contre les recommandations du Haut conseil à la stabilité financière (HCSF), les courtiers n’ont eu de cesse d’alerter sur l’impact de ses consignes sur cette catégorie d’emprunteurs. «Il est devenu difficile de financer un projet sans un apport personnel d’au moins 10%, sauf à être un client particulièrement courtisé, rappelait Olivier Lendrevie, le nouveau président de Cafpi dans nos colonnes récemment. Pour certains ménages, ce niveau d’apport implique simplement un effort supplémentaire. Mais pour d’autres, notamment les plus jeunes, cette exigence implique plusieurs années d’épargne et la nécessité de différer d’autant l’acquisition de leur logement.»

Les jeunes actifs ont bien compris les nouvelles règles du jeu : seuls 40% jugent facile d’obtenir un crédit immobilier bancaire. L’enjeu du financement est d’autant plus complexe que leurs revenus sont souvent limités en début de carrière, les faisant très vite atteindre les 35% d’endettement imposés par le HCSF. En parallèle du financement bancaire, seuls 36% des 18-30 ans disent pouvoir compter sur une aide financière familiale pour acheter leur résidence.

«Génération sacrifiée»

Ces difficultés de financement contribuent à faire penser aux jeunes qu’ils sont davantage pénalisés que leurs aînés dans l’accès au logement, au point de parler de «génération sacrifiée». D’autres facteurs renforcent ce sentiment : le chômage structurel, un marché immobilier moins favorable qu’il y a 10 ans, un pouvoir d’achat en berne… Pour 22% d’entre eux, la transition écologique est également une difficulté que n’avait pas à supporter leurs parents. En cause : son coût. Il est vrai que le thème est devenu un enjeu économiquement contraignant pour les propriétaires depuis peu (les premières sanctions pour les propriétaires de passoires thermiques sont arrivées en 2019 avec la loi énergie climat qui leur interdisait notamment d’augmenter leur loyer).

L’appréhension de la transition énergétique par un biais purement économique peut sembler étonnant compte tenu de la prise de conscience de la société - et notamment des plus jeunes - sur le sujet. La «génération Greta Thunberg» semble revenir à des préoccupations plus pragmatiques au moment de sortir le chéquier. Leur combat pour le respect de l’environnement se traduit davantage dans leur consommation quotidienne que dans leurs choix de logement. Ainsi, 71% veulent vivre dans une maison individuelle. Or, comme le rappelait le ministère de la Transition Ecologique en 2020, les logements très énergivores (étiquettes F et G du DPE) sont plus fréquents parmi les maisons individuelles que dans les logements situés dans un habitat collectif (18,4% contre 14,7%). Pourtant, 48% des 18-30 ans considèrent qu’une maison individuelle peut être aussi écologique qu’un appartement, ce qui est vrai. 31% vont même jusqu’à penser qu’une maison est plus écologique qu’un appartement. Ce qui reste à prouver.

(1) : Etude Ifop pour la Fnaim conduite du 18 au 30 novembre 2021 auprès de 1.000 personnes dont deux sous-cibles : 432 étudiants et 508 jeunes actifs.