L'immobilier résidentiel en perte de vitesse chez les institutionnels

Les investissements des professionnels sont en berne sur les deux premiers trimestres. Seul le segment des résidences gérées tire son épingle du jeu.

Le contexte a porté un coup à l'engouement des investisseurs professionnels pour l'immobilier résidentiel. Le groupement d’intérêt économique ImmoStat a publié ce lundi 05 septembre les chiffres des investissements des institutionnels et family offices dans cette classe d’actifs (1). 

-18% d'investissement au premier semestre

Sur les six premiers mois de l’année, le résidentiel accuse une perte significative comparée à l’année dernière. Au premier semestre 2022, 3,7 milliards d’euros y ont été investis, soit 18% de moins qu’à la même période en 2021. La chute est encore plus importante rapportée au second trimestre : -47% (566,3 millions d’euros contre 832.46 millions d’euros).

«Nous constatons depuis mars 2022 une hésitation des professionnels, obligés de revoir leur plan d’action à la lumière de la nouvelle donne du marché des taux, explique Guillaume Atten, directeur d’Ikory Capital Markets, activité de conseil du groupe Ikory (membre d’ImmoStat). Le deuxième trimestre est le reflet de cette hésitation avec des transactions dont la signature a été remise dans le temps». Il ajoute que l’impact global du changement de stratégie des investisseurs pourrait se mesurer en décembre, «avec les résultats du 3ème trimestre, qui analyseront des promesses signées après la fin de la politique de Quantitative Easing de la BCE.»

Le résidentiel géré collecte 60% de plus 

Malgré des montants en baisse, le résidentiel signe sa troisième meilleure année depuis 2017 (voir ci-dessous). Dans le détail, sur le quasi demi milliard investi dans le résidentiel au deuxième trimestre, 284 millions d’euros ont été dirigés vers les actifs classiques et 282,3 millions d’euros vers les résidences gérées (résidences seniors, étudiantes et coliving). Ce segment est d’ailleurs le seul à enregistrer une progression (60%).

2021 avait pourtant été une année compliquée pour cette classe d’actifs selon les données de l’Institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF) : 1,1 milliard d’euros investi, soit 11% de moins qu’en 2020. En revanche, le coliving avait su s’attirer les faveurs des investisseurs, en enregistrant 455 millions d’euros de transactions l’année dernière, presque 15 fois le montant enregistré en 2020. Le marché est en plein boom : à fin 2021, BNP Paribas Real Estate recensait 8.300 places, 117 résidences et 59 opérateurs actifs en France. 

«A ce jour aucun régime juridique particulier n’encadre le coliving, rappelle toutefois l’IEIF. La nature du contrat avec le « coliver » varie selon la destination urbanistique de l’immeuble, son usage et les modalités d’exploitation retenues (bail meublé classique, bail mobilité ou contrat de location saisonnière)». 

Source : Ikory

(1) : Le GIE est composé de BNP Paribas Real Estate, CBRE, Cushman & Wakefield et JLL, en associtation avec BPCE Solutions immobilières, Foncia Valorisation et Ikory.