L’immobilier parisien retrouve des couleurs

La capitale a enregistré un record de ventes annuel au deuxième trimestre qui n’avait pas été atteint depuis 20 ans.

Paris retrouve des couleurs ! Les notaires du Grand Paris ont présenté les chiffres du deuxième trimestre lors d’une conférence de presse mardi 06 septembre. Lentement mais sûrement, le marché immobilier parisien se remet de « l’effet Covid » : les ventes augmentent…mais les prix aussi.

Paris affiche une «forme insolente»

Sur douze mois, la capitale a enregistré 40.550 ventes, ce qui n’était «pas arrivé depuis 20 ans», ont souligné les notaires. Un record qui souligne «la force des fondamentaux du marché parisien», pour Marc Friedrich, notaire à Paris. «En quelques trimestres, la baisse des ventes constatée depuis le début de la crise sanitaire a été effacée», a-t-il encore appuyé.

Augmentation des ventes à Paris au deuxième trimestre 

S’ils accusent une baisse de 0,8% en un an au deuxième trimestre, les prix sont toutefois repartis à la hausse depuis le début de l’année. Ils s’établissent ainsi à 10.590 euros du m² en moyenne. Mais à y regarder de plus près, la situation est un peu plus contrastée. Les 6ème, 7ème et 8ème arrondissements dépassent le plafond des…14.000 euros du m² ! En cause : le retour des étrangers dans la Ville Lumière. Au deuxième trimestre, Les non-résidents pesaient ainsi pour 19.9% des transactions du 7ème arrondissement, 18,4% du 6ème et 16,3% du 8ème. Au total, ils ont signé 8,9% des transactions de la capitale entre avril et juin, un taux proche du record de l’ensemble e l’année 2015 (9,9%).

Les prix au m² à Paris 

Petite couronne : les appartements plus forts que les maisons

Retour à la normale pour les villes périphériques à Paris. Les ménages qui s’y étaient réfugiés dans l’espoir de trouver une maison ont fini par épuiser les stocks. Résultat, les ventes ont baissé de 8% au deuxième trimestre comparé à celui de l’année dernière. «Un réajustement suite à l’explosion des transactions pendant le Covid», estiment les notaires, qui ajoutent que ce segment du marché est naturellement plus restreint que celui des appartements. Malgré le repli des transactions, les prix ont augmenté de 4,5% en moyenne sur un an et devraient continuer sur ce même rythme d’ici la fin de l’année selon les prévisions des notaires.

Le marché des appartements en Petite couronne est lui en grande forme. Il enregistre un volume de vente similaire à celui du deuxième trimestre 2021. Les prix restent pourtant mesurés : +1,2% d’augmentation en un an.

 «Scénario idéal» en Ile-de-France

Enfin, la région parisienne dans son ensemble est en grande forme. Entre le troisième trimestre 2021 et le deuxième de 2022, 195.000 transactions y ont été enregistrées. Dans le détail, les appartements enregistrent un nombre de ventes historiques sur la période : 135.580. Paradoxalement, cette forte activité ne se traduit pas (encore ?) dans leurs prix qui restent stables. Ils n’ont augmenté que de 0,7% sur un an, pour s’établir à 6.780 euros du m² au deuxième trimestre. «De forts volumes combinés à des prix stables : on se rapproche du scénario de marché idéal pour les professionnels», a ainsi commenté Thierry Delesalle, président de la Commission des statistiques immobilières et notaire à Paris.

A l’inverse, les maisons, accusent le contre-coup de l’engouement des Français depuis la crise sanitaire et voient leurs ventes diminuer du fait de l’épuisement des stocks (59.410), soit 12% de moins que le deuxième trimestre 2021. Leurs prix sont en hausse de 5,4% sur un an et s’établissent à 361.000 euros en moyenne.