L’île Maurice à la conquête des CGP français

L’agence économique du développement mauricien organise à partir d’aujourd’hui un roadshow de cinq villes de l’Hexagone pour les rencontrer. Objectif : les convaincre de faire investir leurs clients dans l’immobilier de l’île.
Source : L’Economic development board de l'île Maurice

Opération séduction. L’Economic development board (EDB), l’agence économique du développement de l’île Maurice, organise de ce lundi 9 mai au mercredi 18 mai un roadshow dans cinq grandes villes françaises. Une délégation d’une quarantaine de personnes est envoyée en France, composée de membres de l’EDB mais aussi de promoteurs immobiliers, notaires, juristes, avocats… Elle s’arrêtera à Paris, Nice, Marseille, Bordeaux et Lyon et fera même un petit passage à Bruxelles. Son but est de rencontrer les Français et surtout leurs conseillers (CGP et banquiers privés) pour les convaincre d’investir dans les programmes immobiliers de l’île. « Quand on pense « Maurice », on pense surtout au tourisme estival. Mais Maurice c’est plus que ça. Il y a une économie dynamique derrière la plage », a confié Heerun Ghurburrun, conseiller économique à l’ambassade de Maurice à Paris et responsable du bureau France de l’EDB.

L’île a de sérieux arguments pour attirer les investisseurs français. Le droit immobilier mauricien est basé sur le code civil français. Le processus d’achat est donc le même qu’en France, l’acte de propriété est même rédigé dans notre langue. Côté fiscalité, difficile de faire mieux : pas de taxes foncière ni d’habitation, aucun droits de succession, 5% de droit de transfert du foncier, autant pour ceux d’enregistrement. Les revenus locatifs sont eux taxés à 15%. Sans oublier que « les acquéreurs d’un bien d’au moins 375.000 dollars obtiennent un permis de résidence automatique, ajoute Heerun Ghurburrun. Pour les autres, il existe différentes formules facilitant son obtention. » Ce cadre très souple semble déjà fonctionner : les Français représentent 45% des acquéreurs immobiliers étrangers de Maurice et seraient plus de 5.000 à vivre sur l’île.

Si le gouvernement a adopté un cadre très attractif, c’est aussi parce que le pays a du retard à rattraper côté immobilier. Depuis la colonisation française, aucune grande ville n’a été construite sur son territoire, le gouvernement réservant son foncier à la culture de la canne et de la production sucrière. Au début des années 2000, le gouvernement change son fusil d’épaule et l’ouvre à l’immobilier, tout en contrôlant étroitement les nouveaux projets. Hors de question de «bétonner Maurice de partout» donc, le gouvernement veut «préserver la beauté de l’île», souligne Heerun Ghurburrun. L’immobilier représente désormais 11% du PIB du pays. 120 projets résidentiels sont en développement, dont 17 concernant des « Smart cities », ces villes nouvelle génération alliant innovations technologique, d’induction, de mobilité et de services. Un axe de développement stratégique pour Maurice qui ambitionne de devenir une « smart island ».

L’ambition de l’EDB est donc importante avec son Tour de France, premier roadshow de cette envergure qu’elle organise. Les détails sont à retrouver sur le site www.decouvrirmaurice.com. Les Français ne seront pas les seuls à être courtisés par l’île Maurice : la délégation se rendra également au Royaume-Uni et en Afrique du Sud.