Les ventes de passoires thermiques explosent

Les annonces de ventes de logements E, F et G augmentent considérablement. Les propriétaires craignent le couperet de la loi Climat.

Attentistes jusqu’ici, les propriétaires de biens immobiliers semblent se réveiller. Les passoires thermiques, ces logements classés E, F et G au niveau de leur diagnostic de performance énergétique (DPE), seront progressivement interdits à la location à partir de 2025. Pour leurs propriétaires, l’heure est à l’anticipation.

Certains se dirigent naturellement vers les travaux de rénovation mais cette solution n’est pas toujours possible. Quand ce ne sont pas les co-prorpiétaires qui bloquent les travaux, c’est le financement qui peut peut poser problème. D’autant que selon les notaires de France, 47% des propriétaires de biens étiquetés F et G et 44% des biens étiquetés E sont des employés, ouvriers et retraités. Une population souvent fragilisée économiquement et moins favorisée par les banques pour les crédits.

Ces propriétaires complètent ainsi le rang de ceux qui, par manque de volonté, n’engagent pas de travaux de rénovation énergétique. Résultat : les mises en vente de passoires thermiques explosent !

C’est le constat du groupe Se Loger qui a publié début novembre une étude sur le phénomène. Sur 40 villes étudiées, les annonces de logements classés E, F et G sont en augmentation dans 20 d’entre elles. Rennes arrive en tête, avec une hausse de 74% entre septembre 2020 et octobre 2021 par rapport à la même période un an plus tôt. Elle est talonnée de très près par Paris (72%) et Nantes (70%).

L’ensemble du territoire est concerné : +10% à Strasbourg, +27 % à Bordeaux, +41% à Lille, et même +43% à Lyon.

Le marché sanctionne déjà les passoires thermiques

Si les propriétaires de logements E, F et G sont aussi pressés de vendre, c’est qu’ils craignent que la valeur de leur bien ne se réduise comme peau de chagrin.

Toujours selon Se Loger, à Brest, les prix des biens classés F présentent une décote de 57% par rapport à ceux classés A entre janvier et septembre 2021. Cette décote se vérifie un peu partout : -41% au Havre, -49% à Limoges et même jusqu’à -55% à Nîmes. À Rouen, les logements les moins performants accusent une décote de -40%. Le marché immobilier toulonnais sanctionne les biens les moins performants à hauteur de -34 %, celui de Clermont-Ferrand de -33 % et celui du Mans de -32 %.  À Montreuil, l’écart de prix est de -20 % tout comme à Perpignan.

« Concernant les logements étiquetés "G", les décotes peuvent être encore plus importantes par rapport à ceux classés "A", indique le groupe dans une note. C’est le cas par exemple au Havre, où l’écart de prix est de -54 %, ou encore, au 13e arrondissement de la Cité Phocéenne, avec - 43 % ».