Coronavirus

Les SCPI tentent d'éviter les défaillances de leurs locataires

Plusieurs sociétés de gestion immobilière ont communiqué auprès de leurs clients leur décision d’aménager des reports et étalements de loyers.

Alors que la France vit son cinquième jour de confinement et que les mesures gouvernementales commencent à se faire plus précises, les acteurs de la pierre-papier communiquent désormais sur leur activité. Au premier rang des inquiétudes, la suspension des loyers commerciaux qui pourrait peser lourd sur la rentabilité 2020 des SCPI et des OPCI grand public. Jusqu’ici aucune société de gestion n’avait voulu s’exprimer officiellement en raison du flou sur cette suspension. « Pour l’instant nous ne préférons pas prendre position car nous ne disposons pas des informations nécessaires pour le faire correctement », confiait un gérant de SCPI à la rédaction mercredi 18 mars, précisant qu’il attendait toujours une position claire de l‘Association française des placements immobilier (Aspim).

Un report des loyer quasi inévitable. La réponse a fini par arriver. L’association recommande officiellement à ses adhérents d'aménager des reports et étalements de loyer, en cohérence avec les mesures de soutien mises en place par le gouvernement. Une position qui a conduit plusieurs sociétés de gestion immobilières à infomer leurs clients sur la situation actuelle et à venir de leurs véhicules d’investissement. Ainsi, Inter Gestion, qui gère quatre SCPI, a indiqué par e-mail aux porteurs de parts de l'une d'entre elles - Cristal Rente - que la société entendait permettre à tous ses locataires de traverser cette période d’inactivité « par des mesures d’accompagnement qui faciliteront la reprise et la pérennité de leur exploitation sur le long terme ». De fait, Inter Gestion annonce qu’elle va organiser les décalages de loyers qui seront nécessaires sur la période. « Cet effort, bien que difficile à chiffrer aujourd’hui, affectera naturellement le niveau de distribution des acomptes sur dividendes mais de façon limitée et temporaire », assure la société, en précisant qu’il s’agit d’un effort consenti sur le court terme qui sera progressivement rattrapé et assurera la régularité des performances à long terme.

Même son de cloche du côté de Corum L’Epargne. « Il faut continuer à penser long terme, donc au-delà de cette crise. Nous allons par conséquent aider les locataires les plus touchés (...), en différant le paiement de leurs loyers. (…) Cette solidarité est gagnante pour tous ; le pire des scénarii serait de posséder un patrimoine avec des immeubles sans locataires », écrit dans un courrier adressé à l’ensemble de ses clients Frédéric Puzin, Président de Corum L’Epargne. Le dirigeant insiste sur le fait que la société de gestion sera extrêmement vigilante « à ne pas subir les comportements inciviques de certains locataires indélicats consistant à exploiter la situation, alors même que leur activité serait modérément touchée ou que leur assise financière leur permettrait de passer les mois qui viennent sans difficulté. »

De son côté, Perial AM a indiqué qu’elle attendait les textes officiels « pour agir et contribuer à l’effort national pour soutenir notre tissu économique ». Dès que ce cadre réglementaire sera fixé, la société négociera au cas par cas avec ses locataires les plus impactés par la crise « tout en préservant l’intérêt et la performance de nos fonds », souligne-t-elle

Les SCPI disposent, pour la plupart d’entre elles, de bénéfices non distribués dont le but est précisément de faire face à ce genre de situation. Ces réserves devraient permettre de lisser les rendements pour maintenir des taux de distribution attractifs. De plus, la diversification des actifs immobiliers, que font valoir la plupart des sociétés dans leurs communications, ainsi que la robustesse des grandes sociétés qui composent le socle de leurs locataires, devraient permettre d’amortir une partie du choc.