Pierre-papier

Les SCPI repartent de plus belle en 2019

Après un ralentissement en 2018, la collecte des SCPI a battu un record en 2019 à 8,6 milliards d’euros nets
La performance annuelle moyenne des SCPI en 2019 s’établit à 4,40 % et celle des OPCI à 5,40 %

L'Association française des Sociétés de placement immobilier (Aspim) et l’Institut de l'épargne immobilière et foncière (IEIF) ont publié les statistiques annuelles des deux principaux fonds d’investissement immobilier à destination du grand public : les SCPI et les OPCI.

 

Les SCPI ont la cote. Pour le premier véhicule, le taux de distribution a légèrement augmenté à 4,40 %, contre 4,34 % en 2018. Le niveau des revenus distribués par les SCPI leur permet de dégager une prime de risque en hausse (480 points de base au-dessus des emprunts d’État à 10 ans). En outre, la variation du prix moyen de part (VPM) a également augmenté de 1,2 % (contre + 0,8 % en 2018).

La collecte nette s'est établie à 8,6 milliards d'euros en 2019, un record depuis la création du véhicule il y a une quarantaine d’années. Après avoir marqué une pause l’an dernier (- 19 %), la croissance de la collecte s’établit en hausse de 68 % par rapport à l’exercice 2018 et en progression de 36 % par rapport à 2017. Au 31 décembre 2019, la capitalisation des SCPI atteignait 65,1 milliards d'euros au total, soit une augmentation de 17 % par rapport à la fin 2018.

 

Vous avez dit stabilité ? Si la chute des rendements du fonds en euros explique notamment un transfert de ces supports vers les SCPI, elle n’est pas la seule explication. « La forte volatilité des actions inquiète les particuliers, tout comme les incertitudes sur les retraites qui poussent les épargnants à investir dans quelque chose de plus concret et surtout plus stable », explique Paul Bourdois, co-fondateur de Francescpi.com, rappelant que sur les 30 dernières années, le rendement moyen des SCPI n’est jamais descendu en dessous de 4 % mais n’a également jamais franchi la barre des 8 %.

L’autre phénomène marquant de 2019, c’est l’essor des SCPI thématiques. Une tendance qui devrait se poursuivre car ces véhicules offrent souvent une plus grande diversification et un rendement plus attractif. « La spécialisation des SCPI est une tendance structurelle. Elle permet aux sociétés de gestion de se démarquer et de rendre leurs produits encore plus lisibles pour les particuliers », souligne le dirigeant de Francescpi.com.

Très optimiste pour l’année 2020, l’expert, dont le but affiché est de vulgariser les SCPI et d’en donner l’accès au plus grand nombre, note également que la diversification géographique est positive. « De nombreuses SCPI investissent désormais hors de l’Hexagone, ce qui contribue, encore une fois, à améliorer leur rentabilité et donc la performance de leurs fonds », détaille-t-il.

 

Les OPCI continuent leur ascension. Le succès des SCPI entraine dans son sillon celui de toute la pierre-papier. Ainsi, en 2019, les vingt OPCI grand public, majoritairement distribués par le biais des contrats d’assurance vie, ont collecté un total de 2,8 milliards d'euros nets (soit une hausse de 30 % par rapport à l’exercice précédent). Leur performance globale s'est établie à +5,4 % contre +0,8 % en 2018. « C’est davantage la valorisation du patrimoine (+4,3 % contre -0,4 % l’année précédente) qui a porté cette performance que le rendement courant (+1,2 %, comme en 2018) », indiquent l'Aspim et l’IEIF dans leur rapport, précisant que « la volatilité des marchés actions explique une forte fluctuation des performances sur les deux dernières années ».

Au cours du dernier exercice, l’actif net cumulé des OPCI est passé de 15,2 milliards d'euros fin 2018 à 18,6 milliards d'euros fin 2019, soit une augmentation de près de 23 %. « L’année 2019 a été particulièrement dynamique pour le marché de l’immobilier non coté grâce à un contexte porteur et des fondamentaux solides. (..) Ces véhicules devraient trouver toute leur place dans le nouveau Plan Épargne Retraite (PER) introduit par la loi PACTE », affirme Véronique Donnadieu, déléguée générale de l'Aspim.

En pleine révolution du marché de l’épargne, les SCPI et les OPCI semblent donc avoir trouver leur voie en misant sur des changements structurels simples et une stabilité à toute épreuve. De quoi rassurer des particuliers qui s’inquiètent de plus en plus pour leur épargne.