Les difficultés de financement des ménages freinent les prix de l’ancien

Gaetan Pierret
S’ils sont encore en hausse sur un an, les chiffres du dernier trimestre présagent d’un ralentissement pour cette fin d’année.

Malgré la morosité immobilière, une bonne nouvelle pour les candidats acquéreurs : la hausse des prix ralentit ! Ils sont même en léger repli ces derniers mois.

Au 1er octobre dernier, la Fnaim relevait ainsi une augmentation de 6,7% sur un an, alors qu’ils étaient encore en hausse de 8,2% début avril. Ceux des maisons sont encore très dynamiques (+8,5%). Elles bénéficient toujours de l’engouement des Français post confinement qui a fini par épuiser les stocks et tendre les prix. Les appartements eux sont en légère hausse de 4,4%. En-dehors de Paris (-2,7%), les prix sont en hausse partout sur le territoire. « Ils augmentent moins vite en banlieue parisienne (+2,4%) et dans les plus grandes villes de province (+3,6%) que dans le reste du territoire : +7,8% en moyenne en province, confirmant les tendances nées de la crise sanitaire », écrit la Fnaim, ajoutant que la façade Ouest continue de tirer le marché.

En revanche, sur les trois derniers mois, certains experts relèvent bien une baisse des prix. C’est le cas de Michel Mouillart, Professeur d’économie à l’université Paris-Ouest et porte-parole du baromètre LPI/Se Loger. L’édition portant sur le mois de septembre révèle un recul de 0.5 % du prix des maisons sur les trois mois précédents. «Une telle évolution est fréquente, à cette période de l’année : surtout après plus de 6 mois durant lesquels la hausse des prix avait été rapide», relativise toutefois le professeur. Pour sa part, le marché des appartements sauve les meubles en enregistrant un fragile +0,3%, après des mois de hausse soutenues.

Cela étant dit, cette accalmie n’efface pas des mois de hausse continue sur les douze derniers mois. Les prix signés sont ainsi en hausse de 6,1% sur cette période (8,3% pour les maisons et 4,6% pour les appartements).

A l’inverse de l’ancien, les prix du neufs sont sur une pente ascendante. La demande est pourtant à la peine, contrainte par le resserrement des conditions de financement. «La réalisation des achats envisagés par les particuliers est devenue très difficile», confirme Michel Mouillart.

Source : baromètre LPI/Se Loger 

La raison est plutôt à chercher du côté de l’offre, confrontée à une hausse des coûts de construction et une raréfaction des permis de construire. Les projets mettent plus de temps à sortir de terre, voire sont parfois tout bonnement abandonnés. Conséquence : l’offre de biens neufs se réduit comme peau de chagrin, tirant les prix à la hausse.  Le marché enregistre ainsi une hausse des prix de 4,2% sur un an.