Immobilier

Les acteurs du logement doutent de l’efficacité des mesures annoncées par le gouvernement

Le Ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement a précisé hier les déclarations faites par le président de la République dimanche soir. L’occasion de dévoiler quelques mesures en faveur du logement quelque peu laissé sur le bas côté de cette campagne présidentielle. Contrairement au candidat PS qui avait déclaré jeudi dernier sur France 2 vouloir donner les terrains de l’Etat aux collectivités, le gouvernement en place entend vendre ses terrains au prix de marché. Cette cession permettrait à terme la construction de 100.000 logements supplémentaires sur toute la France. En y ajoutant la possibilité d’augmenter, d’ici à 2015, les droits à construire de 30 %, ce serait donc pas moins de 130.000 logements qui pourraient sortir de terre dans les 3 ans. Mais l’application de cette dernière mesure reste à la main des communes, toujours aussi réticentes à construire davantage.

Bien que ces annonces aillent « dans le bon sens » et montrent « la prise de conscience » du gouvernement sur le problème du foncier, l’efficacité des mesures ne semble pas assurée selon Pascale Poirot, présidente du Syndicat national des aménageurs lotisseurs (SNAL). Des mesures « insuffisantes » et « pas à la hauteur » de la problématique, selon Marc Pigeon, président de la fédération des promoteurs immobiliers (FPI). « Ce n’est pas avec ça que l’on va régler le problème du logement. » Guy Portmann, le vice-président de la FPI déplore de son coté « que le problème quantitatif du logement ne soit abordé que par le biais de la densité et non pas sur le plan du développement urbain avec la libération de nouveaux terrains à construire. Cette mesure ne contribuera que très marginalement à la diminution du prix des logements. Le prix des terrains est en général fixé en fonction des possibilités de construire qu’ils offrent. Toute augmentation de la constructibilité risque de se traduire par une augmentation du prix du terrain ».

D’après les acteurs de l’immobilier, ce qu’il faut « c’est développer de nouveaux terrains constructibles (les zones à urbaniser, ndlr » et « revenir sur la fiscalité sur les plus values immobilières qui aggravent la rétention des terrains par les propriétaires ». A cette dernière proposition, Bercy reste fortement opposée.

Quant à la vente des terrains par l’Etat, si la mesure n’est pas nouvelle, « c’est une bonne chose, si elle se fait à des prix de vente raisonnables pour des constructions de logements à prix maitrisé », prévient Guy Portmann. Il faut donc que l’Etat montre l’exemple. « ne pas vendre au plus offrant mais à l’acteur du meilleur projet », explique Pascale Poirot.