Le sort des agences immobilières de montagne inquiète la Fnaim

La Fédération s’alarme notamment de l’exclusion de certains acteurs du Fonds de solidarité Montagne.
Jean-Marc Torrollion, président de la Fnaim

Jean-Marc Torrollion, s'inquiète de la situation des agences immobilières de montagne. Le président de la Fnaim a adressé un courrier au secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargé du Tourisme, des Français de l'étranger et de la Francophonie, Jean-Baptiste Lemoyne, pour l'alerter sur les conséquences de la fermeture des remontées mécaniques pour ces agences.

Ces dernières assurent 21% de la commercialisation des lits touristiques et 7,4 millions de nuitées. « Plus qu’un simple maillon économique, ce sont des acteurs de terrain, de proximité, qui font vivre au quotidien ces territoires », assure Jean-Marc Torrollion.

Des aides insuffisantes

S’il salue l’aide du gouvernement, le président de la Fnaim alerte sur l’exclusion d’une grande partie de ces acteurs du Fonds de solidarité Montagne. Une exclusion d’autant plus grave que ces sociétés ne peuvent pas bénéficier des autres dispositifs de soutien, comme l’exonération de charges dont bénéficient tous les acteurs du tourisme, du fait de leur qualité d’agences immobilières. « La plupart de nos entreprises sont pluriactivités : elles pratiquent, outre leur activité de location saisonnière, les métiers de syndic et de transaction, explique Jean-Marc Torrollion. La branche location saisonnière représente 58% de leur chiffre d’affaires de gestion locative, mais seulement 12,8% du chiffre d’affaires global. (…) la condition de perte de 50% de chiffre d’affaires, qui conditionne l’éligibilité des entreprises au fonds de solidarité montagne ou au dispositif de chômage partiel spécifique, laisse encore de côté beaucoup d’entreprises (…) car la perte de chiffre s’apprécie de façon globale ».

Sans soutien complémentaire, le risque est de voir disparaître l’activité de location saisonnière, telle que pratiquée par des professionnels français, qui créaient jusque-là de l’emploi non délocalisable. « Cela compromet l’existence même de 30% de nos agences situées dans ces territoires, ouvrant grand ce secteur aux grandes plateformes de location », s’alarme le président de la Fnaim.

La Fnaim propose ses solutions

La Fédération a émit trois scénarios alternatifs :

- Ajouter la gestion de la location saisonnière à la liste des entreprises dont l’activité est soumise à des restrictions mises en place par l'État pour lutter contre les effets du Covid-19.

- A défaut : les rendre effectivement éligibles aux aides prévues pour la Montagne, en prenant en compte leur seul chiffre d’affaires réalisé en location saisonnière.

- En dernier recours et si les intégrer à des dispositifs généraux se révèle trop complexe, la FNAIM demande au Gouvernement de sensibiliser ses agences dans ces territoires de montagne afin que soient étudiés avec tolérance, et au cas par cas, les dossiers de ces entreprises, en prenant en compte leurs spécificités.