Le secteur immobilier moins avantagé que prévu en 2021

Pour le groupe BPCE, le secteur semble le grand oublié du PLF 2021 et devra gérer le durcissement des conditions de certains dispositifs.
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Le groupe BPCE a présenté son analyse du marché immobilier en 2020 et donné quelques pistes des principales tendances qui devraient se dégager en 2021.

Alain Tourdjman, directeur Etudes et Prospectives du groupe, a notamment relevé que le projet de loi de finances pour 2021 ne prévoit pas de soutien spécifique à la relance du marché immobilier. Les initiatives du gouvernement en matière de logement se concentrent essentiellement autour de la rénovation énergétique mais ne devraient pas aider le secteur à se relancer. 

Pis, certaines adaptations de la réglementation pourraient même freiner sa reprise. A l’image des conditions du PTZ qui vont se durcir. Le changement d’année de référence pour les revenus du bénéficiaires (N au lieu de N-2) s’appliquera à partir de 2022 et la restriction du ciblage à partir de 2023. Un délai qui pourrait impacter tout de même la relance du secteur puisque les effets des crises impactent le marché en différé, de six mois à un an pour les volumes notamment.

HCSF : un premier pas mais peut mieux faire

Alain Tourdjman est également revenu sur l’assouplissement des recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF), annoncé le 17 décembre dernier. Mais sa position sur ces nouvelles consignes est assez mitigée.

Les différés d’amortissement jusqu’à deux ans devraient soutenir les ventes de la promotion privée en VEFA et la construction de maisons individuelles. Mais le groupe relève que cette consigne ne semble pas intégrer les crédits du type «Prêts à l’accession sociale» et « Prêts conventionnés» qui peuvent dépasser 25-27 ans.

Le relèvement de la limite du taux d’effort à 35 % est un bon soutien à l’accession et notamment la primo-accession. Il donne en parallèle un « peu plus de souffle pour l’investissement locatif ». Toutefois, cette augmentation ne résout pas le problème des hauts revenus, qui peuvent avoir du mal à se financer malgré un "reste à vivre" élevé.

Autre relèvement : celui du taux de dérogation des banques qui passe de 15 % à 20 %. Selon BPCE, cette évolution ne correspondrait finalement qu’à la production nouvelle concernée sur les neufs premiers mois de 2020.

Le groupe souligne toutefois que les assouplissements du Haut conseil vont dans le bon sens et devraient ralentir le resserrement des conditions de crédit, inéluctable face à la dégradation de la conjoncture.