Logements neufs

Le rebond des investisseurs au premier trimestre masque la réalité

Les ventes aux investisseurs représente 37 % du marché au premier trimestre 2014. Une part qui reste bien en deçà des 64 % de 2009 mais au-dessus des 31 % du 1er trimestre de l’an passé. La commercialisation sous le dispositif Duflot a ainsi progressé de 22 % par rapport à la premier partie de l'année 2013.
Evolutions entre les 1ers trimestres 2013 et 2014

Les ventes de logements neufs ont progressé de 3 % pour atteindre 17.339 lots au premier trimestre 2014 par rapport au premier trimestre en 2013. Pour autant ce chiffre indiqué par l’Observatoire de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) est à prendre avec recul.

Une progression des investisseurs à confirmer.  En effet, la différence entre les deux trimestres ne porte que sur 500 logements. « La fin du Scellier a pu précipiter des ventes au dernier trimestre 2013. Il y a donc certainement un effet lissage pour cette année, avance Alexandra François-Cuxac, vice-présidente de la FPI et présidente de l’Observatoire lors de la conférence de presse. Sur ce premier trimestre 2014, les investisseurs ont été un peu plus nombreux qu’à la même période en 2013. Dans l’échantillon de l’observatoire couvrant 82 % du marché, les ventes aux investisseurs représente ainsi 37 %, certes bien en deçà des 64 % de 2009 mais au-dessus des 31 % du 1er trimestre de l’année passée. De ce fait, la commercialisation sous le dispositif Duflot a progressé de 22 %. « Ce rebond reste à confirmer dans les mois à venir », note la Fédération.

Les logements neufs au premier trimestre 2014
17.339
Ventes (+3 %)
17.704
Mises en vente (-17,2 %)
85.360
Lots en offre commerciale représentant 13,5 mois dont 7.500 biens livrés
3.985 euros/m2
Prix (- 1,3%) dont 3.655 €/m2 en province et 4.634 €/m2 en Ile-de-France
-
Variation entre les 1ers trimestres 2013 et 2014

Disparités. De leur côté, les accessions reculent de 5,7  %. Si les ventes progressent sur le marché, de fortes disparités existent. A titre d’illustration, la commercialisation a chuté en Ile-de-France (- 11 %), en Languedoc-Roussillon, en Auvergne et dans les Alpes. Selon l’observatoire, les ventes en résidences services tendent à diminuer sur le premier trimestre de l’ordre de 30 % (soit 700 lots vendus) comparé au premier trimestre 2013.

Le problème du renouvellement de l’offre. L’inquiétude des professionnels porte sur les mises en vente qui chutent de 17,2% par rapport à 2013 (38% par rapport à 2010).   « Le volume des ventes est proche du volume de l’offre.  Le risque est d’aboutir à une pénurie de logements si l’offre baisse encore, commente François Payelle, président de la FPI. Dans un marché atone, le cycle de production des promoteurs s’est adapté et l’offre commerciale diminue alors que face aux besoins, beaucoup plus de logements devraient être proposés ». L’offre commerciale totale représente 13,5 mois de commercialisation, ce qui reste un chiffre normal d’après la fédération compte tenu des chantiers qui durent 14-16 mois. Le stock de logements livrés s’élève à 7.500 lots et reste un indicateurà surveiller.

Mais les prix ne baissent pas. Pour autant, dans ce contexte, les prix ne baissent pas de manière significative. Ils s’établissent à 3.985 euros par mètre carré « Avec la pénurie de logements, nous ne sommes pas à l’abri d’une remontée des prix », relève François Payelle. La FPI constate un doublement des taux de désistement pour refus de prêt. « Le taux de désistement est passé de 10 à 20 %. Les ménages éprouvent des difficultés à se financer », note le Président.