Le pouvoir d’achat immobilier des Français a augmenté en 10 ans  

La baisse des taux d’intérêt et la revalorisation des salaires compensent à peu près partout la hausse des prix des logements.

Malgré une hausse des prix continue, le pouvoir d’achat immobilier des Français a augmenté sur les 10 dernières années. Et ce, grâce à la baisse des taux d’intérêt combinée à une augmentation des salaires. C’est le courtier Vousfinancer révèle cette tendance dans une note parue ce lundi 7 février.

Une capacité d’emprunt en hausse

Qu’ils touchent le Smic ou qu’ils soient cadres supérieurs, les Français peuvent globalement s’endetter davantage qu’il y a 10 ans. Leurs revenus étant à la hausse, leur budget immobilier se voir gonfler quasiment d’autant.

Depuis 2012, le Smic a augmenté de 14,6 % soit 172 euros net par mois. Les salaires des « cadres sups » ont eux aussi augmenté, mais dans de moindres proportions :  entre 5 % et 16,9 % en 10 ans selon les villes. «Les hausses de salaires dépassent 15 % dans seulement dans deux villes, Paris et Clermont-Ferrand, alors que le Smic a lui augmenté de 15,7 % net dans toutes les villes de France», souligne Vousfinancer dans sa note. Le pouvoir d’achat immobilier des « cadres sups » varie de 46,4 m2 à Paris, à 244,8 m2 à Saint Etienne, soit un écart de 1 à 5 (en remboursant une mensualité équivalente à 33 % de leur salaire hors assurance à un taux de 0,95 % sur 25 ans).

Les villes où il a le plus augmenté sont Nîmes, Saint-Etienne, le Mans, Dijon et le Havre grâce à la fois à une baisse des prix (à Nîmes ou Saint-Etienne) ou une hausse des prix modérée (moins de 20 %) combinée à des hausses de salaires qui dépassent parfois les 10% dans des villes comme Le Havre, Paris ou Clermont-Ferrand. A Nantes, Lyon et Villeurbane, le gain n’est que de 1%. A Bordeaux, Toulouse et Rennes, les cadres sups ont même vu leur pouvoir d’achat immobilier amputé de 1%, 3% et 11%, du fait de hausses de prix supérieures à l’augmentation de leurs revenus.

Les Français les moins aisés ont également bénéficié d’une hausse de leur pouvoir d’achat immobilier sur la dernière décennie. Le Smic a certes augmenté (il est passé de 10,25 euros brut de l’heure en janvier 2021 à 10,57 euros le mois dernier), sa hausse ne compense pas à elle seule celle des prix du logement en France. Le Conseil supérieur du notariat (CSN) relevait à fin octobre dernier une hausse des prix des appartements de 5,2% et des maisons de 9% sur un an.

«Depuis 2012, les taux de crédit ont très fortement chuté, passant de 4,3 % en moyenne sur 25 ans à 1,30 % hors assurance, soit un recul de 3 points, explique Vousfinancer. Dans ce contexte, la capacité d’emprunt avec le salaire minimum (pour une mensualité égale à 33 % du Smic, hors assurance) a progressé de 61,3 % passant de 107.210 euros en 2022 à 66.480 euros en 2012 soit plus de 40.000 euros supplémentaires.»