Immobilier haut de gamme

Le marché parisien se redresse en 2014

Le volume des transactions sur l’immobilier haut de gamme parisien a fortement progressé au début de l’année. Les prix restent quant-à-eux stables, en décalage par rapport à de nombreuses grandes villes à l’étranger qui ont vu, en 2013, leur prix fortement augmenter sur ce segment de marché

Alors qu’en 2013 l’immobilier haut de gamme à Paris restait à la traîne, en total décalage par rapport à la très forte croissance du nombre de ventes et des prix observée presque partout ailleurs dans le monde, Daniel Féau, une société de conseil en immobilier de luxe, constate que « depuis début 2014, la tendance de la baisse des volumes à Paris s’est inversée totalement ». Ainsi, le chiffre d’affaires de son réseau d’agences progresse de 106 % sur le seul mois de mars 2014 par rapport au même mois de l’année dernière, à 97,4 millions d’euros contre 47,2 millions en 2013. « Cette forte hausse du chiffre d’affaires est liée à la progression du nombre de ventes notamment pour les biens d’une valeur supérieure à 2 millions d’euros, et non pas à l’augmentation des prix, précise Daniel Féau. Ceux-ci ne baissent plus sur le haut de gamme, mais ne remontent pas encore. Cette croissance forte du nombre de ventes de nos agences est notamment consécutive au retour d’acquéreurs étrangers qui renonçaient à leur acquisition depuis deux ans et que nous voyons aujourd’hui revenir, principalement parce qu’ils sont attirés par la baisse des prix ; ces acquéreurs étrangers ont aussi finalement intégré qu’ils n’étaient concernés qu’à la marge par l’évolution de la fiscalité française ».

Paris encore loin de la Silicon Valley. Si ces chiffres pour la capitale française se révèlent encourageants, il faut rappeler que le redécollage de l’immobilier haut de gamme a déjà eu lieu hors de l’Hexagone en 2013. Ainsi, selon  le réseau Christie’s International Real Estate dont fait partie Daniel Féau, l’année dernière, Los Angeles a vu ses prix progresser de 21,8 %, San-Francisco de 17,2 %, Sydney de 13 % et Miami de 11,8 %, alors que les prix parisiens de l’immobilier de luxe baissaient, pour leur part, de 9,8 %. Même tendance du côté des volumes, avec une progression, sur la même période, du nombre de ventes supérieures à un million de dollars de 62 % à San Francisco, de 40 % à Los Angeles, de 29 % à Sydney ou encore de 27 % à Miami, pour un replis du nombre de ventes de 7,5 % à Paris. « Le marché de San Francisco a vu ses ventes au-dessus d’un million de dollars croître de plus de 60 % en 2013, les prix progressant pour leur part de 17 % ! Cette progression surprenante s’explique par le développement de l’économie locale liée notamment à la Silicon Valley, ainsi que par la montée très rapide du nombre d’acheteurs de la « génération Y », enrichis par le développement des entreprises high-tech », note l’étude de Daniel Féau.