Le gouvernement attendu au tournant sur les visites immobilières

Organisations professionnelles et réseaux réclament l’autorisation des visites dans le secteur résidentiel. Le Premier ministre doit prendre la parole ce soir pour faire le point sur les mesures sanitaires.
Crédit : Gonzalo Fuentes / Reuters

C’est le point d’étape que tout le monde attendait. A l’annonce du reconfinement le 28 octobre dernier, le gouvernement avait promis une première évaluation des mesures sanitaires mi-novembre. Nombre de secteurs ont pris date, espérant un allégement des règles. De leur côté, les professionnels de l’immobilier n’ont qu’une demande : l’autorisation des visites dans le résidentiel.

Pression maximale

A coups de lettres ouvertes et de communiqués, organisations professionnelles et réseaux d’agences entendent mettre la pression sur le gouvernement. Elément essentiel dans la réalisation des projets, les visites sont interdites depuis le 30 octobre dernier, bloquant de facto toute l’activité du secteur.

Aujourd’hui, « un particulier peut signer un mandat de vente, contracter un prêt immobilier (…), régulariser un acte chez son notaire et même déménager » mais pas visiter de biens, dénoncent dix réseaux d’agences dans une lettre ouverte (1). L’alternative des visites virtuelles n’est pas toujours possible et ne satisfait pas le besoin des acquéreurs de voir en physique un bien avant de l’acheter.

« Les professionnels ont moins besoin de voir leurs agences ouvrir que de voir les particuliers en capacité de visiter », résument la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM), Plurience et l’Unis dans un communiqué commun. Les trois organisations professionnelles, ainsi que les réseaux d’agence, interpellent le gouvernement sur la décision d’autoriser les visites dans le parc social et dans le secteur tertiaire mais pas dans le résidentiel privé.

Les professionnels prêts à de nouveaux efforts

Cette différence de traitement semble d’autant plus inéquitable que les agents immobilier respectaient déjà un protocole sanitaire drastique jusqu’au 1er octobre : limitation du nombre de visiteurs, visites espacées dans le temps, aération des biens, respect des gestes barrières, port obligatoire de masque,…

En gage de leur bonne volonté, les professionnels se disent prêts à renforcer ces mesures. Ils proposent de limiter les visites aux « biens pour l’achat ou la location d’une résidence principale » et uniquement sur rendez-vous.

Un bon de visite, édité par le professionnel, ferait office de justificatif de déplacement aux particuliers. Pourraient y figurer « le numéro de carte professionnelle de l’agent immobilier / administrateur de bien, comme le numéro de mandat correspondant au bien en question », précisent les associations. Elles proposent également que les biens soient présélectionnés par le biais de la visite virtuelle.

Les professionnels et clients seraient également incités, voire obligés, à télécharger l’application Tous anti covid, élément phare de la stratégie du gouvernement.

30.000 agences et 200.000 collaborateurs suspendus aux annonces du gouvernement

Les enjeux sont de taille. D’un point de vue social, les professionnels rappellent que l’immobilier est intimement lié aux parcours de vie : mariage, naissance, séparation, décès, mutation…« Ces événements se poursuivent, pandémie ou pas. Aujourd’hui, les Français qui veulent ou doivent impérativement changer de logement se retrouvent donc sans aucune solution », dénoncent les agences dans leur lettre ouverte. Elles ajoutent également que l'accumulation des projets retardés pourraient entretenir la hausse des prix.

Du côté des organisations, on souligne les enjeux économiques et on rappelle que le secteur immobilier c’est « 30.000 agences immobilières réparties sur le territoire, et les 200.000 collaborateurs qu’elles emploient, mais bien au-delà, c’est toute la chaine du logement qui est bloquée ».

L’attente sera longue jusqu’à la prise de parole du Premier ministre à 18h.

(1) : L’Adresse, Century 21, Citya, Era, Foncia, Guy Hoquet, Laforêt, Nestenn, Nexity et Orpi