L’arrivée de Silver Lake ne bouscule pas la stratégie de Meilleurtaux

Olivier Pinaud
Le fonds est depuis ce jour le nouvel actionnaire de contrôle du courtier de crédits et d'assurances.

Meilleurtaux engage un troisième LBO. Le comparateur en crédit, assurance et produits d’épargne passe officiellement ce mardi entre les mains de Silver Lake, opération révélée en juillet par L'Agefi. Le fonds américain prend la place de son compatriote Goldman Sachs, quatre ans après que ce dernier eut acheté l’ancienne filiale de BPCE à Equistone. Le montant de ce LBO tertiaire n’est pas communiqué, mais il s’établirait entre 700 et 800 millions d’euros, soit quasiment trois fois le prix déboursé par Goldman Sachs fin 2016.

Ce nouveau changement d’actionnaires n’entraînera pas de revirement stratégique. « Le travail de diversification de l’offre, par développement interne ou par acquisition, est achevé. Les priorités vont désormais à l’amélioration du parcours sur nos différents sites, à l’optimisation du traitement des données et au renforcement de l’accompagnement du client », explique Guillaume Autier, président exécutif de Meilleurtaux, qui préfère regarder ce que font des groupes comme Expedia pour optimiser l’expérience client plutôt que de chercher un nouveau segment. Le groupe ne réalise plus que 20 % de ses 200 millions d’euros de chiffre d’affaires dans le crédit immobilier, contre 40 % dans les produits d’assurance (assurance emprunteurs, auto, multirisques habitation…), 15 % dans le regroupement de crédits et 15 % dans l’épargne. Arrivé dans le groupe il y a trois ans, Guillaume Autier a bien l’intention de rester sur cet équilibre, encore plus au moment où les autorités ont durci les règles d’octroi du crédit immobilier. Dans ce contexte, et même si les normes pourraient prochainement être assouplies, « la croissance externe dans le crédit immobilier en France a peu de sens pour nous », indique Guillaume Autier. Le concurrent Cafpi sera lui bientôt sur le marché a révélé L’Agefi en début de semaine.

Des acquisitions « seraient en revanche plus intéressantes dans l’épargne, à condition que la société ait le même modèle que nous sur la gratuité des droits d’entrée ». Exclusivement français à ce stade, Meilleurtaux n’exclut pas non plus une opération à l’international. « Mais sachant que les synergies commerciales potentielles seraient limitées, compte tenu d’une base de clients et de partenaires séparée, il faudrait qu’une acquisition nous apporte un plus technologique ou de savoir-faire », insiste Guillaume Autier. Le courtier estime ne pas avoir foncièrement besoin d'acquisition pour maintenir son rythme de croissance annuel, proche de 25%, ce qui lui permettrait de doubler de taille en quatre ans.