La surtaxe sur les résidences secondaires relevée dans plusieurs villes

A Saint-Nazaire, des propriétaires se sont regroupés pour dénoncer le poids de cette mesure destinée à lutter contre l'explosion du nombre de résidences secondaires
Une fusion entre la surtaxe et la taxe d'habitation, qui disparaîtra en 2020, pourrait être étudiée par le gouvernement
La surtaxe d'habitation sur les résidences secondaires en augmentation dans de nombreuses villes

Bordeaux, Nice, Saint-Jean-de-Luz ou Saint-Nazaire. De nombreuses villes qui ont choisi d’instaurer le dispositif de surtaxe d’habitation sur les logements meublés non affectés à l'habitation principale devraient relever leurs taux cette année, selon Les Echos. C’est le cas à Saint-Nazaire, où les élus ont voté le taux maximal autorisé dans le cadre de la loi de finances pour 2017, à savoir 60 %, à l'instar de Nice. A Saint-Jean-de-Luz, le taux a été doublé à 40 %, tandis que Bordeaux s’apprête à relever son taux de 20 à 50 % pour les impôts de 2019, d'après le quotidien. L’objectif affiché est le même pour toutes ces villes : lutter contre l’inflation de résidences secondaires, sous l'effet de l'essor de la location saisonnière de type Airbnb, tout en augmentant les recettes. Certaines villes touristiques comme Cannes ont à l'inverse choisi de ne pas appliquer le dispositif : « la ville a fait le choix de l’attractivité fiscale (tout en réduisant la dette et les dépenses) et non de la facilité », a expliqué sur Twitter le maire LR, David Lisnard.

L'annonce a fait bondir une partie des propriétaires concernés dans le port de la Loire-Atlantique, qui se sont regroupés au sein du collectif « Les pigeons de Saint-Nazaire ». Ils peuvent compter sur le soutien de nombreux acteurs de l’immobilier. Cette mesure « est le résultat d’une fiscalité discriminante et à bout de souffle, et d’une politique de quasi blocage des loyers qui est en train de détourner les acteurs économiques du secteur privé locatif classique », déplore Jean-Marc Torrollion, président de la FNAIM. « Cette volonté de taxer toujours plus les propriétaires est absolument scandaleuse, dénonce de son côté l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI). Au-delà d’une nouvelle attaque du droit de propriété, les propriétaires ne veulent plus payer pour boucler les budgets des communes incapables de faire des économies, et combler le désengagement financier de l’Etat auprès d’elles ». Le groupement de recenser les  dispositions fiscales qui pèsent déjà sur les propriétaires : CSG, IFI, taxes foncières ou la récente taxe Gemapi, applicable au 1er janvier 2018, destinée à permettre aux communes de financer les coûts liés aux risques d'inondations.

Les choses pourraient pourtant se compliquer. Alors que la taxe d’habitation est appelée à disparaître d’ici à 2020, les exécutifs de Paris et Bordeaux ont invité le gouvernement à réfléchir une réforme du dispositif, qui pourrait passer par une fusion entre taxe et surtaxe d’habitation, selon Les Echos. La mesure pourrait figurer dans la future loi Logement, attendue au printemps, voire la loi de finances pour 2019.