Immobilier

La FBF veut désamorcer la polémique sur les crédits

Rappelé à l'ordre par les régulateurs, le lobby des banques françaises assure avoir bien pris acte des recommandations du HCSF sur les règles à respecter.

Par Franck Joselin, L'Agefi Quotidien

C’est une querelle de communication dont les banques françaises se seraient bien passées. Hier matin, l’ACPR et la Banque de France (BdF) ont vertement repris les banques en envoyant un communiqué leur rappelant qu’il n’était pas question qu’elles dérogent aux recommandations du Haut comité de stabilité financière (HCSF), à savoir limiter les mensualités de remboursement de crédit à 33% du revenu des emprunteurs et limiter la durée de remboursement des prêts à 25 ans. Les banques disposent d’une marge de 15%, mais en cas d'écarts plus importants, et après contrôle, «s’il y avait des problèmes particuliers, nous en discuterions avec chacune d’entre elles, avant de passer éventuellement à une phase plus contraignante», avertissent la BdF et l'ACPR.
Notion de «reste à vivre»

Après cet avertissement, la Fédération française bancaire (FBF) a clarifié la situation. Le rappel à l’ordre des institutions fait suite à des propos tenus en marge de la présentation, fin janvier, de l’Observatoire des crédits aux ménages. Le responsable de cette publication, Michel Mouillart, s’était ému du fait que les mesures prônées par le HCSF pourraient empêcher de nombreux ménages d’accéder au crédit. Or, la FBF rappelle que «les mots prononcés par le responsable de l’Observatoire des crédits n’engagent que lui. Il ne s’exprimait pas au titre de la FBF. De notre côté, notre discours n’a pas varié depuis décembre. Nous avons bien pris acte de la décision du HCSF».

Ces mesures pourraient tout de même avoir quelques conséquences sur les banques. Selon un analyste, «25% des détenteurs de crédits présentent un taux d’effort supérieur à 35 %. Cela reste bien supérieur au maximum de 15% prôné par le HCSF». Le dirigeant d’une grande banque française confirme que, dans sa structure, le taux d’effort moyen est de 34 %, soit très légèrement supérieur à celui recommandé. Mais, pour lui, ce n’est pas pour les emprunteurs modestes que les recommandations du HCSF pourraient poser des problèmes, mais plutôt pour la clientèle haut de gamme. Ces clients dépassent en effet souvent cette barrière puisque, pour eux, les banques raisonnent en termes de «reste à vivre», les liquidités dont ils disposent une fois leurs charges acquittées, et non pas par rapport à la proportion du revenu dédié à leur habitation. Pour ces cas particuliers, aucun doute que la BdF et l’ACPR sauront se montrer conciliantes.