La crise commence à toucher l’immobilier de bureaux

Par Fabrice Anselmi
Certains segments comme Paris QCA devraient néanmoins continuer à porter les investisseurs.
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La demande placée de bureaux en Île-de-France a encore diminué à fin février, de -3% par rapport aux transactions locatives calculées en variation trimestrielle sur douze mois par BNP Paribas Real Estate. Et la perspective de profiter d’un effet de base favorable pour ce marché parisien qui ne ressentait pas les conséquences du ralentissement économique mondial se voit stoppée net par l’épidémie de coronavirus. « Les intermédiaires ont déjà vu des opérations reportées après le 15 mars, et le ralentissement pourrait être plus marqué au cours des prochaines semaines, même si nous manquons d’informations à ce stade », note Guillaume Joly, directeur de la recherche pour la France.

Suivant autant que possible la consigne du gouvernement, les opérateurs immobiliers proposent de reporter ou d’annuler les loyers du mois d’avril pour certaines entreprises et certains commerces à l’arrêt : « Plusieurs grands bailleurs s’engagent à suspendre les loyers pour les TPE et PME afin d’accompagner ces utilisateurs dans la période actuelle et de soutenir l’économie réelle afin qu’elle reparte plus vite et plus fort », poursuit l’analyste.

Le pouvoir de négociation devrait s’équilibrer un peu en faveur des locataires, les loyers prime de l’immobilier d’entreprises évoluant généralement à l’inverse de la hausse des rendements de obligations « high yield ». « Mais la forte demande structurelle et le faible taux de vacance dans certaines zones comme Paris QCA assurent un maintien des valeurs locatives à court terme », conclut Guillaume Joly.