La collecte des SCPI s'effondre au deuxième trimestre

La collecte nette s’écroule à 900 millions d’euros entre avril à juin, son montant le plus faible depuis 2010.

Les chiffres du second trimestre des SCPI commencent à être dévoilés et c’est France SCPI (1) qui dégaine le premier. Sans grande surprise, la collecte nette s’est écroulée et bat même un triste record : 900 millions d’euros, soit le plus faible montant depuis le début des années 2010. Au premier trimestre, les SCPI avaient collecté 2,4 milliards d’euros.

En moyenne, chaque SCPI a collecté 15 millions d’euros entre avril et juin (contre 38 millions sur les trois premiers mois de l'année). « Le mois de septembre sera déterminant et donnera certainement la tendance pour le dernier trimestre 2020 », précise la plateforme dans un communiqué.

Source : France SCPI et IEIF

Un rendement toujours intéressant

Paul Bourdois, cofondateur de France SCPI se dit peu étonné de ces chiffres. « Les SCPI demeurent un investissement de bon père de famille. C’est un produit rassurant car très défensif. Une fois encore, le rendement annuel des SCPI ne devrait pas descendre en dessous de 4 %, ni excéder 8 % », a-t-il confié à la rédaction.

La plateforme note également un nombre de retraits « très restreint » qui « témoigne de la confiance qu’accordent les associés à leur SCPI ». Beaucoup de reports d’investissement ont toutefois été annoncés.

Les SCPI diversifiées ont capté une partie du flux des investissements habituellement dirigés vers les SCPI de bureaux. Raison avancée : les craintes liées au télétravail massif des entreprises. La crise économique et l’anticipation d’une série de faillites ont également dû refroidir nombre d’investisseurs. « Les SCPI spécialisées profitent également de cette peur pour capter des capitaux, ajoute la société. Et notamment les SCPI dites de santé ».

Source : France SCPI et IEIF

Des disparités sectorielles

Peu impactées par le confinement, les SCPI résidentielles et logistique confirment leur insolent succès initié au premier trimestre et affichent des rendements semestriels supérieurs à 6 % annualisés. On retrouve derrière les SCPI santé, mais avec un plus petit 4,54 %. « C’est une classe d’actifs atypique qui convainc et donne envie, défend Paul Bourdois. La profondeur de marché de ce secteur non cyclique est toutefois plus restreinte que d’autres ».

Bonne surprise pour les SCPI de commerces dont les chiffres étaient très attendus : elles affichent un honorable rendement semestriel annualisé de 3,6 %. C’est un peu moins que les projections des sociétés de gestion en début de crise (3,91 %) et beaucoup moins que les anticipations de début d’année (4,58 %). Le cofondateur de France SCPI avance le positionnement de beaucoup d’entre elles sur des actifs allemands pour expliquer ces chiffres. « En Allemagne, l’interprétation souple de « commerces indispensables » a permis à beaucoup d’établissements de rester ouverts pendant le confinement », précise-t-il.

Enfin, « malgré de bons fondamentaux, les SCPI spécialisées dans l’hôtellerie sont très fortement pénalisées par le confinement : leur rendement semestriel annualisé est de 1,86 % », annonce France SCPI.

Les dividendes versés pour le 1er semestre correspondent à un rendement moyen annualisé de 3,93 %. Un chiffre légèrement sous la barre symbolique des 4 % évoquée par Paul Bourdois. Le rendement pour l’année 2020 devrait toutefois être supérieur, la majorité des sociétés de gestion avouant jouer la prudence au deuxième trimestre et attendre le dernier pour intervenir au besoin.

(1) France SCPI est une plateforme spécialisée dans le conseil et la vente de SCPI