La Caisse des dépôts s'apprête enfin à lancer son fonds viager

L'Agefi quotidien, 3 septembre 2014
Attendu avant l'été, le véhicule de 100 millions d'euros a été complexe à monter. Il devrait être porté sur les fonts baptismaux d'ici à la fin du mois

C'est un petit projet par la taille, mais plus complexe à mettre en oeuvre que la Caisse des dépôts ne l'avait imaginé. Le fonds d'investissement en viager de 100 millions d'euros sur lequel l'institution planche depuis plus d'un an devrait enfin être porté sur les fonts baptismaux d'ici à la fin du mois, alors qu'un lancement était initialement annoncé avant l'été après une phase de test dans deux régions, en Ile-de-France et en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Porté à l'origine par le député Henri Emmanuelli (PS), président de la commission de surveillance de la CDC, ce projet doit permettre d'aider les personnes âgées à monétiser leur patrimoine, tout en s'appuyant sur une approche mutualisée qui gomme le caractère parfois sulfureux du produit.

 

«Le fonds est prêt à être lancé. Il a fallu peaufiner le projet avec le consortium retenu», assure un proche de l'insitution. La procédure suivie par la Caisse et la complexité de certains aspects techniques (modèle mathématique à monter, etc.) expliqueraient ce retard à l'allumage, selon d'autres sources bien informées. Deux consortiums se sont disputés au printemps le mandat de gestion de ce fonds viager à l'issue d'un appel d'offres roboratif. D'un côté, le groupe Renée Costes, numéro un revendiqué des transactions sur ce segment en France, associé à La Française AM; de l'autre Virage Viager, une structure d'ingénierie qui a déjà monté des fonds mutualisés pour des institutionnels comme Corem, appuyée par Icade AM... filiale de la CDC.

 

La Caisse aurait opté pour le tandem Renée Costes / La Française. Un choix qui a surpris un certain nombre d'observateurs, en interne et en externe: il privilégiait un spécialiste des transactions de gré à gré entre particuliers, alors que la logique du projet est de mutualiser le risque avec une approche très financière et actuarielle. Le tour de table du fonds, que la Caisse des dépôts doit abonder à hauteur de 20 millions d'euros, aurait dès lors pris lui aussi plus de temps que prévu à se constituer, certains des investisseurs institutionnels appelés à l'origine se montrant plus réticents, selon de bonnes sources.

 

Le lancement du fonds viager de la CDC doit consacrer l'émergence de ce marché à destination des institutionnels. D'autres véhicules de ce type, à l'initiative individuelle de mutuelles ou d'institutions de prévoyance, seraient en cours de constitution en France.