La BCE met l'immobilier sous tension

La remontée des taux directeurs de la BCE pourrait inciter les banques à diminuer leur production de crédit aux particuliers tout en continuant à augmenter leurs taux d’intérêt.
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Encore un peu plus de pression pour le marché immobilier !

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé jeudi 8 septembre augmenter ses taux d’intérêt directeur de 75 points de base. Ils s’établissent ainsi à 0,75% (dépôt), 1,25% (refinancement) et 1,50% (prêt marginal). 

Cela fait plusieurs mois que les coûts de refinancement des banques étaient à la hausse, mais l'augmentation est cette fois «historique» selon plusieurs économistes. Alors que déposer leurs fonds auprès de la BCE leur rapportait de l’argent, cela représentera désormais un coût.

Dans ce contexte, il semble logique qu’elles favorisent les dépôts auprès de l’Institution, plutôt que de prêter leur argent. Premiers impactés : les particuliers souhaitant souscrire un crédit, notamment immobilier. Le marché se trouve déjà sous tension, avec une production de crédit qui ralentit. Les banques peinent à rendre l’exercice rentable, limitées par le taux d’usure qui les empêche d’impacter la hausse de leurs coûts de refinancement, déjà à l’œuvre depuis plusieurs mois, sur les taux d’intérêt.

«Face à la hausse de leurs coûts de refinancement, on ne peut attendre des banques qu’elles prêtent à perte quand elles portent la responsabilité de la sécurité des dépôts de leurs clients», résume Olivier Lendrevie, président du réseau Cafpi. « Le taux de refinancement est aujourd’hui de retour à son niveau de 2011, à un moment où les taux de crédit atteignaient en moyenne 4,2% sur 20 ans, analyse Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer. En outre, les euribors, taux de court terme qui servent de référence aux taux variables, sont fortement corrélés au taux de refinancement de la BCE, ce qui risquent donc d’entrainer une hausse de ces taux, révisés chaque trimestre.»