Marché immobilier

La baisse des prix gagne du terrain

L’observatoire LPI-Seloger constate une décélération dans près de la moitié des villes de plus de 100.000 habitants
Paris poursuit son ascension, avec un niveau de prix qui devrait de nouveau battre des records à la rentrée
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Le coup de frein est visible. Selon le baromètre LPI-Seloger publié en juillet, le rythme d’augmentation des prix de l’immobilier « signés » dans l’ancien était de 4 % sur un an en juin, à 3.640 euros par mètre carré. Cette légère décélération - à comparer aux +4,6 % enregistrés à la fin de l’été dernier - est autant visible pour les appartements que pour les maisons. « L’amélioration des conditions de crédit qui ne s’est guère démentie au fil des mois n’est donc plus suffisante pour compenser la dégradation de la solvabilité de la demande provoquée jusqu’alors par la hausse des prix », note l’observatoire. Ainsi, dans nombre de territoires, «  la demande fléchit et les vendeurs doivent réviser leurs ambitions ou risquer un accroissement des délais de vente, voire la perte des acheteurs ».

Le repli gagne du terrain. Désormais, dans près de la moitié des villes de plus de 100.000 habitants, les prix à la vente baissent. Et dans les villes moyennes de province, celles qui comptent entre 60.000 et 100.000 habitants, la baisse se constate pour 45 % d’entre elles. Dans le détail sur 3 mois, les prix des appartements anciens au mètre carré diminuent de 6,8 % à Lille (3.160 euros), de 5,2 % à Saint-Etienne (1.356 euros), de 5,1 % à Toulon (2.403 euros), de 3 % à Nice (4.011 euros), de 2,5 % à Grenoble (2.463 euros), de 2,4 % à Reims (2.527 euros), de 1,4 % à Montpellier (3.013 euros) et de 1,2 % à Bordeaux (4.994 euros). À l’inverse, ils augmentent de 8,2 % à Strasbourg (3.637 euros), de 6,3 % à Lyon (4.852 euros), de 3,2 % à Toulouse (3.148 euros), de 2,8 % à Rennes (3.340 euros), de 1,8 % à Marseille (2.947 euros), de 1 % au Havre (1.992 euros) et de 0,5 % à Nantes (3.320 euros), selon l’observatoire. « Les villes les moins chères, sous les 1.700 euros/m², sont aussi celles où les prix reculent le plus souvent en réponse à une demande budgétairement fragile et fortement impactée par la suppression des aides personnelles comme à Béziers, Brest, Bourges, Dunkerque, Mulhouse, Perpignan ou Troyes », constate également LPI-Seloger.

Transactions en baisse. Côté volume de transactions, l’observatoire enregistre une baisse de 5,1 % en niveau annuel glissant en juin. La demande s’est affaiblie depuis près d’une année : « la hausse des prix des logements anciens a d’abord commencé à peser sur la solvabilité des acheteurs ; puis dès le début de 2018, la suppression des aides personnelles à l’accession a renforcé la fragilité de la demande, celle des plus modestes qui en dehors des grandes agglomérations ne peut se satisfaire autrement que par l’accession », indique LPI-Seloger. La marge de négociation s’est établie en moyenne à 4 %, évoluant distinctement pour les appartements (3,1 %) et pour les maisons (5 %).