Inflexion du marché immobilier en vue selon la FNAIM

La décélération des prix constatée en 2018 devrait se poursuivre cette année, d'après la fédération.
Déplorant la mise en place de l'encadrement des loyers, le groupement salue celle du dispositif Denormandie, avantage fiscal qui devrait « trouver son public ».

Les prix de l’immobilier ancien ont continué leur progression en 2018, de 2,7 % en moyenne en France selon la FNAIM. En décélération toutefois comparé à l’année précédente (+4,2 %), et sur chacun des segments : appartements (+3,8 % contre +4,9 % en 2017) comme maisons (+1,5 % versus +3,7 %). Malgré un niveau de taux d’intérêts d’emprunt resté historiquement bas, à 1,5 % en moyenne, le pouvoir d’achat immobilier s’est replié l'an passé. La surface achetable a ainsi reculé de 1,4 m2, même si elle reste bien supérieure au niveau de 2010. Selon les régions, l’amplitude demeure importante. La FNAIM mesure ainsi qu’avec un budget médian de 160.000 euros, il est possible d’acquérir 17 m2 à Paris contre 77 m2 à Dijon.

Pour 2019, les perspectives de la fédération restent prudentes. Si côté volumes, un niveau record de 965.000 transactions dans l’ancien aura été atteint en 2018, la baisse de moral des ménages laisse augurer un « début d’inflexion » du marché, selon Jean-Marc Torrollion, président du groupement, et ce « en termes de dynamique et de prix ». Celui-ci table sur un niveau légèrement de prix en « flat voire en légère baisse », et un peu moins de 900.000 ventes.

Déplorant la mise en place de l’encadrement des loyers dans le cadre de la loi Elan du 23 novembre 2018, la FNAIM se dit d’une « extrême vigilance » quant aux nouvelles mesures concernant la copropriété, qui devraient constituer « la réforme importante de 2019 ». L’article 68 de la loi de finances pour 2018, qui plafonne les rémunérations des intermédiaires en Pinel et est encore à cette heure en attente de son décret d’application, reste toujours « combattu ». La fédération salue cependant la mise en place du dispositif Denormandie, dont elle prédit des retombées positives en termes de rendements dans les villes concernées, sous réserve de la publication à venir du décret détaillant les travaux. Ainsi, sur 6, 9 ou 12 ans, la mise en location d’un appartement de 60 m2 éligible à la réduction d’impôts laisserait ainsi voir des rendements bruts supérieurs à 5 %. « Ce dispositif devrait trouver son public, des propriétaires qui connaissent leur ville », a indiqué Jean-Marc Torrollion, président de la FNAIM.