Immobilier : Paris entame sa baisse des prix

La Petite et la Grande Couronne bénéficient du report des acheteurs en quête de prix plus abordables.
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Paris entamerait-elle un cycle baissier durable ? Dans son dernier baromètre mensuel, la plateforme d’estimation en ligne Meilleurs Agents relève que les prix dans la capitale ont baissé de 0,1 %. Le prix au m² passe de 10.500 à 10.350 euros. C’est peu, mais c’est le premier signe de baisse depuis le début de la crise sanitaire.

Paris n’est plus…Paris

Alors que le marché semblait suspendu et qu’on ne constatait ni rebond ni écroulement des prix, c’est le premier mois où une baisse est constatée. En cause : une remise en question de l’attrait de la capitale à cause des mesures sanitaires. « Vie culturelle en berne, bars et restaurants fermés, offre de transports réduite… L’intérêt immédiat d’habiter intra-muros est moins évident qu’il y a encore quelques mois. Sans compter le déploiement du télétravail qui pousse nombre d’acheteurs à s’interroger sur l’opportunité, à budget égal, de disposer d’une pièce supplémentaire transformable, si besoin, en bureau », écrit Meilleurs Agents dans son baromètre. Cette baisse des prix s’inscrit en parallèle de la tendance des parisiens qui cherchent un pied à terre pas très loin de la capitale pour concilier vie citadine et cadre de vie plus agréable.

Ruée sur la banlieue

Les acheteurs délaissent Paris et se tournent vers la Petite et la Grande Couronne qui voient leurs prix augmenter. + 2,5 % sur un an pour la petite ceinture (5.417 euros / m²), + 2,7 % pour la grande banlieue (3.259 euros / m²).  Ces deux zones habituellement considérées comme « marché de report » de la capitale semblent « aujourd’hui gagner leur indépendance », écrit Meilleurs Agents. Outre la crise sanitaire, la plateforme estime que le développement du Grand Paris avec ses « 200 kilomètres de lignes automatiques et 68 nouvelles gares » contribue « à changer le regard des ménages sur la banlieue avec la perspective de passer moins de temps dans les transports grâce à un réseau optimisé ».

Pour preuve Saint-Ouen, reliée depuis peu à Paris par la ligne 14, a vu ses prix grimper de 10 % l’année dernière (6.593 euros le m2). Même Alfortville, qui ne sera connectée à la capitale par la ligne 15 qu’en 2025 a déjà vu ses prix grimper de 9,4 % en 2020 (5.402 euros le m²).

La situation de Paris est d’autant plus frappante que le reste du pays est plutôt à l’équilibre : + 0,1 % de hausse dans l’Hexagone au cours du mois écoulé.

Évolution des prix immobiliers en France au 1er février 2021

Source : Meilleurs Agents, février 2021