Immobilier : normalisation en vue?

Le marché a enregistré de nouveaux records au troisième trimestre mais les notaires du Grand Paris anticipent déjà un lent retour à la normale.

A force de le voir narguer la crise sanitaire, on avait presque fini par croire que le marché immobilier était immunisé contre tout retournement. Que sa dynamique ne se calmerait pas tout de suite et que ses prix continueraient à tutoyer les sommets. A en croire les notaires du Grand Paris qui ont tenu une conférence de presse ce mardi 23 novembre pour présenter les chiffres du troisième trimestre de la région Ile-de-France, le retour à la normale se dessine déjà mais serait très progressif.

De nouveaux records

Entre juillet et septembre, les prix des logements en France (hors Mayotte) ont augmenté de 2% par rapport au trimestre précédent. L’augmentation est continue depuis le début de l’année : ils augmentaient déjà de 1,9% au deuxième trimestre et de 1,2% au premier. « Depuis le quatrième trimestre 2020, la hausse est plus marquée pour les maisons (+9,0 % en un an au troisième trimestre 2021) que pour les appartements (+5,2 %), ce qui ne s’était pas produit depuis fin 2016 », soulignent les notaires.

La tendance se confirme pour l’Ile-de-France seule : les prix y ont grimpé de 1,3% au troisième trimestre, avec une hausse plus forte pour les maisons (+7% sur un an) que pour les appartements (+2,5%). Avec près de 187.000 ventes dans l’ancien entre octobre 2020 et septembre 2021, la région parisienne enregistre un « nouveau record historique » affirment les notaires du Grand Paris. Le volume de ventes annuel est ainsi en hausse de 24%. Au troisième trimestre, le volume annuel de ventes en région IDF est en hausse de 24%.

L’année 2021 est donc partie pour être « un excellent cru », même si les notaires préviennent déjà qu’un tassement du volume de ventes commence à se faire jour dans les indicateurs de leurs avant-contrats à l’automne. Ils devraient rester élevés mais moins exceptionnels. « Nous assistons à une normalisation du marché causée notamment par l’amenuisement des stocks de l’ancien et à l’activité du neuf qui ne repart pas », a expliqué Thierry Delesalle, président de la commission des statistiques immobilières des notaires du Grand Paris, lors du point presse. La Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) relevait récemment un transfert des ménages du neuf vers l’ancien. Refroidis par la morosité du secteur de la construction, ils n’hésitent plus à se reporter vers le bâti. Au risque d’en faire flamber les prix.

Les notaires prudents sur l’impact de la Loi Climat

Autre sujet : l’impact de la loi Climat sur le volume des ventes et les prix des logements anciens. Les notaires indiquent que l’interdiction de la location des passoires thermiques commence tout juste à transparaitre dans leurs chiffres. Jusqu’à présent peu enclins à déchiffrer l’étiquette énergétique de leur logement, les propriétaires semblent enfin avoir pris conscience de son importance. Les investisseurs semblent les plus sur le qui-vive. Les notaires relatent leur inquiétude de voir les règles se durcir. Les acheteurs qui prévoient d’habiter leur bien se disent davantage enclins à engager des travaux, moyennant tout de même une décote sur le prix de vente. Les notaires estiment que si le constat de Se Loger, qui alertait sur une augmentation des mises en vente de logements E, F et G devait se confirmer, l’impact pourrait se faire plus présent au premier trimestre 2022.