Immobilier : les Français ont le blues

La guerre en Ukraine, les taux qui augmentent, les prix qui flambent et l’inflation au galop minent le moral des ménages.

Les temps sont durs pour les Français. Malgré l’arrivée du printemps et l’allègement (provisoire ?) des restrictions sanitaires, le moral n’est pas au beau fixe. Leur pessimisme déteint forcément sur leurs aspirations immobilières, sans pour autant geler totalement leurs projets. C’est ce que nous apprend le courtier Artémis Courtage dans la dernière vague de son observatoire du moral des Français mené par Opinion Way (1).

Les Français broient du noir

Guerre en Ukraine, accélération de l’inflation, augmentation des taux et encore plus des prix immobiliers…C’est peu dire que l’heure n’est pas à l’optimisme ! Sans oublier une perte de pouvoir d’achat et l’absence quasi-totale du logement dans le débat de l’élection présidentielle. Ainsi, 73% des Français se disent pessimistes concernant la situation économique de la France, 55% celle du marché immobilier et 55% concernant leur propre situation financière. «Ces chiffres sont plus mauvais qu’en mars 2020 car cette fois-ci, le spectre d’une crise économique plane au-dessus de la tête des Français, souligne Ludovic Huzieux, co-fondateur d’Artémis Courtage. Il y a deux ans, ce n’était pas le cas : l’incertitude se limitait essentiellement à la sphère sanitaire.» Conséquence : si la grande majorité souhaite toujours devenir propriétaire (75%), les ménages considèrent que le moment ne se prête pas à acheter (52%, +11 points par rapport à septembre 2021).

Les principaux freins à l'accession


 

Source : Artémis Courtage 

Et si l’envie de geler un projet est naturelle, elle risque aussi de le repousser aux calendes grecques car la situation est partie pour durer. «Toutes les banques augmentent leurs taux, le mouvement est général», prévient Ludovic Huzieux. De même, l’inflation semble s'ancrer et la hausse des prix de l’immobilier ne devrait pas se calmer de sitôt. Quant à la guerre en Ukraine, s’il est encore trop tôt pour en mesurer l’impact sur la pierre, elle est déjà dans les premières préoccupations des Français. «Les clients nous interrogent beaucoup sur l’impact du conflit sur leur projet, confie le dirigeant d’Artémis Courtage. Nous les rassurons sur le fait que pour l’instant, il n’y en a pas et que les banques ne sont pas devenues plus exigeantes.»

Assurance emprunteur : la carte à jouer des courtiers

Le contexte d’incertitudes et de durcissement des conditions d’accès au crédit joue en faveur des courtiers. 70% des sondés estiment que recourir à un de ces professionnels optimisent leur chance d’obtenir un emprunt bancaire plutôt que de passer en direct auprès d’une banque. Cette part est en augmentation continue depuis novembre 2021 (+9 points).

Mais c’est surtout sur l’assurance emprunteur que les courtiers ont une carte à jouer. 63% des interrogés estiment plus facile de souscrire à un contrat extérieur (à celle de la banque émettrice de leur crédit) avec leur aide que sans. Le courtage en assurance emprunteur est d’autant plus utile que les souscripteurs de crédit immobilier rencontrent encore beaucoup de difficultés à résister aux banques qui veulent imposer leur propre assureur (voir ci-dessous).

Source : Artémis Courtage