Immobilier : le moral en berne des Français

Ils anticipent massivement une augmentation des prix et craignent pour leur pouvoir d’achat. 55% pensent même que le niveau de vie se dégradera dans le pays.
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Les Français commenceraient-ils à avoir le blues ? Alors que l’année commencent à peine, certains acteurs immobiliers relèvent une certaine accalmie dans le marché immobilier fin 2021.

En octobre dernier, SeLoger indiquait que le moral des Français n’était pas au plus haut. Le groupe révélait ainsi dans une étude que seuls 43% d’entre eux estimaient que la période était propice à l’achat (1). Ils étaient 84% à le penser…en octobre 2016. En cause : leur perception du contexte. 57 % des sondés interrogés par SeLoger fin 2021 disaient s’attendre à une augmentation des prix d’acquisition (contre 29 % il y a 5 ans), alors que la majorité pariait sur leur stabilité en 2016 (55 % contre 20 % aujourd’hui).

Mi-janvier, le groupe BPCE pointait également un ralentissement de la dynamique des intentions d’achat des Français. Dans son bilan du marché immobilier en 2021, il révélait que seuls 18% des ménages voulaient acheter un logement, alors qu’ils étaient 22% en mai. Alain Tourdjman, directeur études et prospective du groupe BPCE, reliait lui aussi cette inflexion à la perception du contexte. «De plus en plus de Français considèrent que la période n’est pas si favorable que ça pour acheter un logement», a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse. Il a précisé que les vendeurs ne lui semblaient pas particulièrement inquiets. «Ils espèrent majoritairement vendre au prix ou avec une faible décote et n’ont pas de craintes sur les délais de vente», a-t-il souligné.

Qu’ils soient optimistes ou commencent à avoir du vague à l’âme, les Français bénéficient encore d’un contexte d'achat assez favorable. Les taux des crédits immobiliers sont toujours au plancher (en moyenne 1,30% sur 25 ans, 1,10% sur 20 ans et 0,93% sur 15 ans selon MeilleurTaux) et les banques assez accommodantes pour étirer les durées d’emprunt au maximum. De plus, acheteurs comme professionnels semblent avoir digéré les recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF). Le volume de transactions en 2021 (1.182.000 ventes) en est une preuve difficilement réfutable.  

(1) Observatoire du moral immobilier des Français, octobre 2021, SeLoger. Echantillon de 2.400 personnes.