Immobilier : le calme après la surchauffe ?

Le groupe BPCE relève une accalmie dans les projets des Français.
BBG

Après s’être jetés à tout va sur la pierre l’année dernière et fait bondir les prix immobiliers dans des villes laissées pour compte jusque-là, les Français semblent se calmer. Le groupe BPCE a présenté ce mardi 18 janvier son analyse du marché immobilier. Selon ses experts, 29% des Français ont un projet immobilier qu’ils souhaitent concrétiser dans les 12 prochains mois (21% déménagement, 18% achat et 12% vente).

Ces chiffres témoignent d’une accalmie dans l’engouement des Français. Si 18% confiaient en novembre dernier vouloir acheter dans la pierre, ils étaient 22% à avoir un tel projet en mai 2021.

Source : groupe BPCE

Selon BPCE, les profils les plus en retrait sont les ménages aisés, modestes et les jeunes. Le groupe relève également d’importants écarts régionaux et pointent un fort recul dans le Nord, l’Est et le bassin parisien, ainsi qu'un maintien en région parisienne et dans les zones littorales.

Le directeur études et prospective du groupe BPCE Alain Tourdjman, explique cette accalmie par la perception du contexte économique. «De plus en plus de Français considèrent que la période n’est pas si favorable que ça pour acheter un logement», a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse. Fin 2021, 42% estimaient que la période était propice à la vente et seulement 36% à l’achat. Pour autant, il a précisé que les vendeurs n’étaient pas particulièrement inquiets. «Ils espèrent majoritairement vendre au prix ou avec une faible décote et n’ont pas de craintes sur les délais de vente», souligne-t-il.

Des propriétaires prêts à faire des travaux

L’interdiction à la location des passoires thermiques (logements classés E, F et G au niveau de leur DPE) crispent les propriétaires. Les experts tentent de se prononcer sur la fameuse «valeur verte» des logements, cette plus-value dont bénéficieraient les maisons et appartements les plus performants énergétiquement. Sur le sujet, ce sont surtout les notaires qui ont apporté fin 2021 un premier éclairage chiffré, relevant une décote moyenne de 4% des appartements E par rapport aux C. Pour BPCE, l’impact du DPE sur les prix est encore limité mais pourrait s’accentuer en cas de retournement de marché. «L’impact du DPE ne doit pas s’évaluer que dans le contexte d’aujourd’hui. Il faut se projeter dans une situation de retournement de la demande, a expliqué Alain Tourdjman. Comme elle est très forte aujourd’hui, les conséquences d’un mauvais DPE sur le prix sont encore limitées. Mais si la pression de la demande diminue, l’impact pourrait être bien plus important.»

Source : groupe BPCE

Alors que le compte à rebours de la loi Climat et résilience est lancé, un débat sur le nombre de logements concernés a commencé à faire jour. Si le gouvernement table sur 4,8 millions de passoires thermiques, la Fnaim estime ce chiffre plutôt autour de 7 à 8 millions. Sans rentrer dans le débat, Alain Tourdjman a estimé «peu plausible» que les 600.000 logements G qui pourraient être interdis à la location dès 2025 ne soient tous rénovés dans le temps imparti. Pourtant, à en croire l’étude de BPCE, les Français sont prêts à engager des travaux. 80% des propriétaires envisagent d’en faire dans les cinq prochaines années. Bémol : la majorité des opérations envisagées concernent l’embellissement de leurs habitations (peinture, parquet..) et non la rénovation énergétique. Seuls 39% envisagent des travaux sur ce point.

La construction dopée par les maisons individuelles

Du côté de la construction, l’horizon semble se dégager. A fin novembre 2021, le niveau annuel des mises en chantier revenait quasiment à son niveau d’avant crise : 391.800 logements, soit +1% par rapport à février 2020 ? Sur un an glissant, le rebond des permis de construire (+17,6%), plus vigoureux que celui des mises en chantier (+10,8%) illustre les entraves de l’appareil de production. «Le secteur a bien résisté aux freins conjoncturels (difficultés d’approvisionnement, hausse des prix) et structurels (rareté et cherté du foncier, accroissement des normes de construction, coûts de production…)», a souligné Alain Tourdjman.