Immobilier : coup de frein sur les prix en 2021

L’association Les prix immobiliers anticipe un ralentissement de la hausse des prix et se dit pessimiste sur la capacité du secteur à rattraper le retard accumulé en 2020.
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Les Prix Immobiliers (LPI) a publié ce matin son premier baromètre annuel. Créé en 2009, l’association rassemble 12 acteurs de référence du secteur (Capifrance, Crédit Logement, BNP Paribas Real Estate,…) et publie chaque mois un bilan des prix nationaux en partenariat avec Se Loger. Au vu du contexte particulier, elle a réalisé une cartographie des tendances qui ont animé le secteur cette année et s’est risquée à quelques prévisions pour 2021.

Un optimisme en demi-teinte

Selon Michel Mouillard, porte-parole de LPI et professeur d’économie, 2021 ne devrait pas permettre au secteur de rattraper le retard accumulé cette année. Et pour cause : l’activité serait en recul d’un peu plus de 16 % au niveau national.

Les ménages veulent pourtant toujours acheter et leur envie se trouve même renforcée par la période. « En période de crise, acquérir son domicile rassure », a expliqué un expert de LPI. Mais la demande est freinée par les mêmes éléments qui brident le marché. « Le repli de l’activité pourrait être encore plus important si les conditions d’accès au crédit ne se desserrent pas », prévient le porte-voix de l’association.

Des critiques à peine voilées envers le HCSF qui doit se réunir ce jeudi pour faire le point sur ses recommandations émises fin 2019. Comme beaucoup, Michel Mouillard plaide pour leur assouplissement, d’autant que la crise économique devrait frapper de plein fouet les ménages modestes, sur lesquels le marché se repose essentiellement. Les candidats acquéreurs voient leurs conditions d’accès au crédit se durcir de jour en jour. Résultat : les taux de refus ont explosé cette année.

Sans prévoir d’effondrement, LPI anticipe le ralentissement de l'augmentation des prix. Malgré la crise sanitaire et les deux mises à l’arrêt du secteur, ils ont en effet augmenté en 2020. L’association faisait déjà ce constat dans son baromètre de novembre. « En octobre, les prix signés (mesurés en niveau annuel glissant) ont ainsi augmenté de 6.3 % sur un an, contre + 4.5 % il y a un an à la même époque », écrivait-elle. Elle relevait même une augmentation de la hausse, aussi bien sur le marché des appartements (+ 5.9 % contre + 4.0 % il y a un an) que sur celui des maisons (+ 6.9 % contre + 5.1 % il y a un an). Cette tendance, qui peut sembler paradoxale compte tenu du contexte, s’explique par la raréfaction de l’offre qui touche tout le territoire et le comportement des vendeurs qui négocient moins les prix.

Source : baromètre LPI / Se Loger, novembre 2020