Immobilier

"Il faut éviter le stop and go"

Alors qu'il espérait un assouplissement de la part du gouvernement, Jean-Marc Torrollion, président de la FNAIM, a confié sa déconvenue au lendemain de l'allocution du Premier ministre.
Le président de la FNAIM redoute les conséquences sur le secteur en cas de prolongement du confinement.

C'est la douche froide pour les professionnels de l'immobilier. Ils plaidaient depuis plusieurs jours pour l'autorisation des visites de biens et plaçaient à ce titre beaucoup d'espoirs dans l'allocution du gouvernement jeudi 12 novembre. Il n'en a rien été : Jean Castex a écarté tout assouplissement du dispositif sanitaire et renvoie chacun au 1er décembre pour le début d'un possible déconfinement.

L'Agefi Actifs : - Comment réagissez-vous à la décision du gouvernement ?

Jean-Marc Torrollion : - Evidemment, c’est une déception. La situation est dure économiquement et moralement. Nous pensions que le gouvernement aurait été sensible à l’argument de la nécessité des Français de trouver un logement, même dans le contexte actuel. Surtout, nous espérions que l’asymétrie de concurrence entre le logement social et privé serait corrigée.

Mais la règle sanitaire a primé. Dont acte. On attend désormais le 1er décembre. Au-delà, la situation deviendra trop tendue et découragerait les professionnels, surtout que les deux derniers mois de l’année ne sont pas les plus dynamiques. Pour autant, avec cette seconde vague se pose la question d’un éventuel troisième confinement en cas de résurgence de l’épidémie. Il faut absolument éviter le « stop and go » qui induirait trop d’imprévisibilité et nous empêcherait de suivre un cap clair.

Vous avez proposé un protocole sanitaire renforcé, en commun avec Plurience et l’UNIS. Qu’en a pensé le gouvernement ?

Nous sommes en discussion avec Alain Griset, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, chargé des petites et moyennes entreprises ainsi qu’Emmanuelle Wargon, ministre déléguée auprès de la ministre de la Transition écologique, chargée du Logement. Leur avis sur notre protocole était très favorable, ils l’ont jugé suffisant, mais ont demandé à ce que les trois organisations syndicales y soient associées.

Pourquoi la SNPI n’en était pas signataire ?

Au déconfinement, chaque organisation a développé son propre protocole. Nos relations avec l’UNIS étant historiquement fortes, nous en avons développé un en commun. Nous sommes désormais en relation avec la SNPI et nos discussions semblent aller dans le bon sens. De toute façon, le gouvernement n’aurait pas autorisé les visites, même si la SNPI s’était jointe à nous dès le départ. Leur priorité demeure la sécurité sanitaire.

Au-delà des visites, votre autre problématique porte sur les copropriétés…

Oui, nous attendons effectivement l’ordonnance sur le report de la date butoir nous permettant d’organiser de façon dérogatoire nos assemblées générales. Nous devrions pouvoir les reporter au 1er avril. Cette ordonnance devrait également prendre en compte les mandats de syndics et conseillers syndicaux arrivés à expiration pendant le confinement.