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« Il faut élargir notre univers de distribution à l’Europe »

Jean-Marc Coly, directeur général d’Amundi Immobilier, a été élu président de l’ASPIM hier lors de son assemblée générale. Il a accordé ses premiers mots à L’Agefi Actifs. Il entend s’inscrire dans la continuité du président sortant, Frédéric Bôl, et ambitionne d’élargir l’horizon de la distribution immobilière française.
Frédéric Bôl, président sortant et Jean-Marc Coly, nouveau président de l'ASPIM

Pourquoi avoir présenté votre candidature à la présidence de l’ASPIM ?

Je faisais partie du bureau de l’ASPIM depuis plusieurs années. Ce qui m’a le plus marqué durant cette période c’est la qualité des échanges qu’elle permet de susciter entre tous les types d’acteurs de ce secteur immobilier dans leur diversité. Le résultat ce sont des propositions construites et adaptées pour notre profession et nos porteurs de parts qui font la force de l’association. Contribuer aux évolutions réglementaires au travers des échanges avec les pouvoirs publics constitue aussi une autre part des activités de l’association. Faire face aux défis de demain avec les équipes de l’ASPIM constituait un challenge que je souhaitais relever.

Quelles sont vos ambitions pour l’association ?

Je souhaite du « changement dans la continuité ». La continuité, c’est poursuivre ce dialogue entre les adhérents et les pouvoirs publics en cette période de difficultés économiques. Elle impacte notre activité mais nous offre de fantastiques opportunités face aux transitions que nous allons vivre et démontre la résilience de notre classe d’actifs. Il nous faut continuer à expliquer aux pouvoirs publics que l’immobilier contribue véritablement à l’économie française et qu’il n’est pas qu’un produit de « rente », même si nous devons être fiers de constituer un produit de placement apprécié des Français. Permettre aux entreprises de concentrer leurs efforts financiers sur le développement de leurs métiers en nous laissant le soin de leur fournir des locaux adaptés me parait être un schéma vertueux.

Le changement pourrait être d'apporter une attention plus particulière sur trois thèmes. Tout d’abord, favoriser l’évolution de la réglementation pour permettre aux sociétés de gestion d’étendre leurs investissements à des domaines économiques non suffisamment couverts (terres agricoles, tiers lieux etc.). Mais aussi leur permettre d'intégrer plus facilement des produits de placements dans lequel l’immobilier aurait tout son intérêt (épargne retraite ou salariale). Contribuer ensuite à l’élargissement de la commercialisation de nos produits dans l’univers européen ou dans les nouveaux canaux de distribution directe. Être enfin le moteur de la transition écologique et sociétale au travers de l’application rapide du label ISR immobilier et participer activement à la discussion sur le thème d’une taxonomie européenne ambitieuse.

Certains professionnels jugent le cahier des charges du label trop contraignant. Que répondez-vous à ses détracteurs ?

Le label est volontairement très ambitieux. Il a été créé par des professionnels de l’immobilier, qui connaissent le métier, avec l’ambition d’aller plus loin que ce que nous faisions, sans tuer le rendement des actifs. C’est une question de temps et de détermination. Mettre un immeuble aux normes coûte cher et est compliqué. Mais le cycle de vie d’un immeuble nécessite qu’il soit entretenu, refait puis restructuré plus lourdement. C’est à ces moments clés que l’on peut engager les travaux qui le font progresser, en épargnant son rendement. La profession fait progessivement évoluer le parc, sans solliciter d'avantages fiscaux particuliers, sans contraintes ni coercitions mais par conviction.

Quelle est votre analyse du marché immobilier en France ?

L’immobilier a été heurté par la crise, mais le secteur a démontré sa capacité à en amortir les effets, notamment grâce à la diversification de nos actifs. Nous sommes dans une phase transitoire pendant laquelle nous devrions connaitre quelques perturbations. Ce n’est pas alarmant car les liens entre locataires et propriétaires s’inscrivent dans un cadre juridique plutôt long. L’immobilier retrouve tout son intérêt en cette période grâce à la résistance de ses performances dans ces situations perturbées. 

Au second trimestre, les SCPI ont réalisé une collecte nette de 875 millions d’euros, soit une baisse de 60 % par rapport à la même période en 2019 (1). Comment anticipez-vous les deux prochains trimestres ?

La crise sanitaire que nous traversons a bien sûr réduit la collecte de nos fonds, mais sans pour autant affecter leur liquidité, ce qui nous parait essentiel. Nos adhérents semblent confiants sur la reprise grâce à la résilience affichée par l’immobilier et les performances annuelles qu’il devraient réaliser sur l’exercice 2020.

(1) Chiffres ASPIM