Faux DPE : la Fnaim répond à Hello Watt

La fédération des professionnels de l'immobilier dénonce une étude dont la méthodologie «erronée» se base sur la consommation théorique d'un logement.
(Adobe stock)

La Chambre des diagnostiqueurs immobiliers (CDI) Fnaim contre-attaque à nouveau. Elle s'était déjà défendue en 2022 contre les coups de boutoirs des associations de consommateurs qui épinglaient l'absence de fiabilité des Diagnostics de performance énergétique (DPE). 

La nouvelle année ne lui laisse pas de répit puisque la dernière étude en date est encore plus cinglante que les précédentes. Hello Watt, un conseiller en énergie, a comparé l'étiquette énergétique de 221 logements avec leur consommation d'énergie par mètre carré. D'après ses calculs, 71% des DPE ne correspondent pas à la consommation du logement en kWh/m2/an, et dans presque un tiers des situations, il ne s'agit même pas d'une lettre voisine. 

La CDI Fnaim affirme que cette étude s'appuie sur une méthodologie erronée. «L’étude d’Hello Watt s’appuie sur les données des compteurs Linky et Gazpar (via Enedis et GRDF) afin de les comparer aux notations des DPE. Puis une corrélation a été faite avec la base de données de l’Observatoire du DPE et l’INSEE, développe le syndicat. Hello Watt a donc mis en opposition les consommations réelles d’énergie et les étiquettes des DPE. Or, les usages des uns et des autres concernant sa consommation varient fortement d’une personne à une autre.»

Une mesure théorique

La CDI Fnaim s'appuie sur la méthode d'élaboration des DPE dite 3CL 2021, qui intègre un usage d'énergie standard - donc théorique - des occupants, sans prendre en compte les équipements des ménages. Si c'était le cas, des logements avec peu d'équipements pourraient voir leur lettre réhaussé ou une famille nombreuse les utilisant plus verrait la notation baisser. 

Hello Watt ne se cache pas de son parti pris, ce qui ne l'empêche pas de dénoncer l'écart entre consommation théorique et réelle. Dans la conclusion de son étude, il accuse le DPE d'être un «mauvais prédicteur de la consommation énergétique des logements, au point qu’une estimation purement aléatoire aurait des performances similaires [...] Le manque de corrélation entre DPE et consommation est inquiétant et pourrait indiquer un problème dans sa méthodologie, sa pertinence ou son implémentation.»

Pour Yannick Ainouche, le président de la CDI Fnaim, l'étude n'a «aucun sens». Il insiste sur le fait que le DPE n'est qu'un «indicateur qui donne une tendance de consommation» et que la consommation réelle est inhérente aux modes de vie des occupants d'un logement. 

«Cette étude tend à accréditer la thèse que le DPE n’est pas fiable afin de permettre à ceux qui ne veulent pas faire de travaux de rénovation de trouver une échappatoire», a-t-il dénoncé dans un communiqué.