Exclusif – Baltis rachète une plateforme de crowdfunding

La société a acquis Proximea auprès de la Banque Populaire du Grand Ouest et compte sur son ancrage local pour se renforcer sur l’Arc Atlantique.
Les Pleiades, une résidence financée par Proximea

Les rapprochements continuent dans le financement participatif. Après October qui a mis la main sur Credit.fr en mai dernier et Lendahand qui a récupéré Babyloan en juin, la plateforme Baltis se met à son tour à la croissance externe.

Une plateforme endormie à réanimer

Spécialisée dans le crowdfunding immobilier, elle a acquis en juillet dernier Proximea auprès de la Banque Populaire du Grand Ouest. C’est cette dernière qui a créé la plateforme en 2015 et lui a consacré une équipe de trois personnes pour son développement. Le succès n’étant pas au rendez-vous, la banque a fini par mettre son activité en sommeil en 2020.

En cinq ans d’activité, Proximéa a financé 22 opérations : essentiellement de l’immobilier (fonds propres de promoteurs et marchands de biens) mais aussi accompagné sept start up du Grand Ouest et même un projet dans les énergies renouvelables. Le tout pour un montant global de 15 millions d’euros et un portefeuille de 3.200 clients.

A date, Baltis ne prévoit pas de rapatrier l’activité de financement immobilier de Proximea sous son escarcelle. «Nous continuerons de financer des projets à Lille, Paris et Lyon et Proximéa se consacrera à tout l’Arc Atlantique, détaille Alexandre Toussaint, fondateur de la plateforme. Notre ambition est d’en faire l’acteur de référence du crowdfunding en Bretagne, Normandie, Pays de la Loire et Nouvelle-Aquitaine. On veut s’appuyer sur son ancrage local car la proximité géographique de nos clients avec les projets qu’ils financent est une de nos convictions». Sa société a d’ailleurs pour habitude d’ouvrir en exclusivité ses collectes aux clients à proximité des projets qu’elle présente sur sa plateforme, avant de les rendre accessibles à tout le monde. Ce procédé s’inscrit dans sa logique mais peut aussi permettre à ses porteurs de projet de cocher la case «financement local» dans les dossiers qu’ils présentent aux autorités locales pour obtenir les autorisations nécessaires.

Miser sur le local…et les CGP

Proximéa installera ses bureaux à Nantes et Bordeaux, où deux recrutements sont prévus dans chacune de ces villes : deux chasseurs de projets et deux chasseurs d'investisseurs et…De CGP. «Nous travaillons déjà avec une trentaine de conseillers et voulons continuer à développer notre réseau. Ils représentent aujourd’hui entre 10% et 20% de notre collecte.»

Ces dernières années, la clientèle patrimoniale et intermédiée est devenue la proie de la majorité des plateformes de crowdfunding. En apportant des tickets moyens plus élevés, elle leur permet de boucler leurs collectes plus rapidement et de pouvoir se positionner sur des dossiers aux montants plus élevés.

Comme bien souvent dans les rachats, le montant de la transaction n’a pas été communiqué. Proximéa étant restée inactive pendant deux ans, la valorisation a surtout dû se faire sur la notoriété locale de l’entreprise et son portefeuille clients conséquent. En rachetant la plateforme, Baltis a en effet mis la main sur 3.200 investisseurs, dont une bonne partie en provenance de la banque privée de la Banque Populaire. Des épargnants aux poches bien garnies donc qu’il lui faudra « ré-activer ». «Nous avons commencé à les contacter pour les informer que nous reprenons l’activité de Proximéa. Certains se sont déjà montrés intéressés. En parallèle nous entamons dès maintenant un travail de refonte de l’image de la plateforme et sa procédure d’agrément PSFP». Proximea conservera son nom, davantage connu localement que celui de Baltis, mais se verra dotée d’une nouvelle identité graphique.

Elle devrait annoncer mi-octobre un premier projet : une start up dans le domaine de la rénovation énergétique, qui devrait lever 1 million d’euros.