DPE : les acheteurs reprennent la main

Les passoires énergétiques affluent sur le marché mais se voient fortement décotées par rapport aux logements énergétiquement performants.

Double peine pour les propriétaires de passoires thermiques : non seulement leurs biens se vendent moins cher, mais ils doivent faire face à une concurrence de plus en plus rude.

Le groupe SeLoger pointe dans une étude un afflux de logements classés F et G au niveau de leur diagnostic de performance énergétique (DPE) sur le marché immoblilier. +7,7% de mises en vente en 2021, alors que les autres logements sont en repli de 4,1%.

Ces passoires thermiques, dont le gouvernement ne veut plus, rebutent nombre d’acheteurs, refroidis par l’importance des travaux de rénovation à mener. Plus de vendeurs donc mais moins d’acquéreurs. En toute logique, ces derniers reprennent la main sur les négociations. En moyenne, un appartement classé F ou G se négocie, 0,5 point de plus qu’un appartement classé C, D ou E, relève SeLoger. Pour les maisons, c’est même 1,4 point de plus.

Qui dit acheteurs en position de force dit prix à la baisse. «Tous biens confondus, notre étude montre qu’à caractéristiques équivalentes, un bien cancre en DPE voit son prix de vente minoré de 6,7% par rapport à celui d’un meilleur élève (C, D ou E), explique Barbara Castillo Rico, responsable des études économiques chez Meilleurs Agents et SeLoger. Un appartement classé F ou G au DPE se vend quant à lui, en moyenne, 13 % moins cher que s’il est étiqueté A ou B». Cette tendance se voit aussi au niveau national : en 2021, les prix des passoires thermiques n’ont augmenté que de 2% contre 5,7%. 

En février, dans son dernier observatoire du moral immobilier, SeLoger soulignait déjà que les acheteurs utilisent à présent le DPE comme un outil de négociation. 92% des porteurs de projet se disaient prêts à l’utiliser pour faire baisser le prix du bien qu’ils convoitaient.