DPE et loi Climat : le gouvernement prêt à lâcher du lest ?

Lors du congrès de la Fnaim, Emmanuelle Wargon a souligné que le gouvernement se montrera vigilant sur le rythme de la rénovation énergétique du parc locatif privé, quitte à ajuster le calendrier.
La ministre du Logement Emmanuelle Wargon au congrès de la Fnaim

C’est en terrain conquis qu’elle s’est avancée sur la scène, devant un parterre d’agents immobiliers, venus en nombre l’écouter.

Lundi 29 novembre, Emmanuelle Wargon était l’invitée de marque du congrès annuel de la Fnaim. Faisant suite à l’introduction du président de la Fédération Jean-Marc Torrollion, très élogieux à son égard, la ministre du Logement ne s’est pas montrée avare en compliments à l’égard des professionnels de l’immobilier, réunis jusqu’à ce mardi 30 novembre au Carrousel du Louvre (et jusqu’au mercredi 1er décembre en digital).

Après avoir salué la mobilisation des agents au plus fort de la crise sanitaire, Emmanuelle Wargon est revenue sur l’un des principaux points de discorde entre son ministère et la Fnaim : le calendrier de la loi Climat. Depuis l’adoption définitive du texte, Jean-Marc Torrollion n’a eu de cesse de fustiger le rythme d’exclusion du parc locatif des passoires thermiques. Récemment, il remettait même en cause l’estimation du nombre de logements concernés. La ministre du Logement a donc tenu à rassurer la profession, affirmant que «le gouvernement sera vigilant sur la soutenabilité du calendrier». «Nous pourrons l’ajuster en fonction de l’évolution du marché et de l’avancement de la rénovation énergétique du parc», a-t-elle avancé. La promesse est certes très politique, mais surtout peu engageante puisque, comme l’aura fait remarquer un étudiant de l’Ecole supérieure de l’immobilier invité sur scène pour interroger la Ministre, le mandat d’Emmanuelle Wargon arrive à son terme dans six mois…

Des gages, mais aussi de la fermeté. Elle a tenu à défendre l’instauration d’échéances pour les particuliers. «Il faut envoyer un message fort aux propriétaires : la valeur de leurs logements dépend aussi de sa valeur écologique, a-t-elle martelé. Partout en France, nous constatons déjà des disparités importantes entre les logements vertueux écologiquement et ceux qui ne le sont pas. Il faut avoir des ambitions importantes dès maintenant, pour les locataires comme pour les propriétaires occupants, car personne n’aime vivre dans une passoire thermique.» Il est vrai que Se Loger alertait récemment sur une explosion des mises en vente de passoire thermiques sur sa plateforme de petites annonces.

Emmanuelle Wargon s’est également lancée dans une «opération promotion» pour la nouvelle version du dispositif Louer abordable présentée il y a quelques semaines. «Les propriétaires doivent savoir qu’en louant leurs logements moins chers que les prix du marché, la réduction d’impôt améliorera la rentabilité de leur investissement», a-t-elle affirmé. Elle a renouvelé sa confiance aux professionnels de l’immobilier qui l’écoutaient et rappelé qu’elle comptait sur eux pour faire passer le massage à leurs clients, précisant qu’il s’agissait d’un «dispositif grand public et non de niche».

Quant au président de la Fnaim, Jean-Marc Torrollion, l’heure était surtout au bilan de l’année. Un bilan qu’il présente comme «mitigé» compte tenu de la situation sanitaire en dents de scie. Toutefois, il a encore une fois souligné que le marché se portait bien, parlant même de «surchauffe». Le million de transactions devrait à nouveau être atteint cette année.