Crédit immobilier : baisse des taux d’usure au second trimestre

La Banque de France a abaissé ses plafonds notamment sur les prêts de 20 ans et plus.
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C’est une nouvelle dont les emprunteurs se seraient bien passés. Alors qu’ils viennent de retrouver un petit peu d’air suite à l’assouplissement des recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF), la Banque de France semble vouloir sonner dès à présent la fin de la récré.

Le 26 mars dernier, l’institution a publié au Journal Officiel (JO) les taux d’usure du second trimestre, plafonds au-delà desquels une banque n’a pas le droit de prêter. Ils sont en baisse sur les durées de 20 ans et plus, les durées les plus répandues.

En cause : les banques elles-mêmes. Chaque trimestre, le Banque de France récupère auprès de plusieurs d’entre elles les taux effectifs moyens pratiqués, dans différentes catégories de prêts. « Ces taux, augmentés d’une marge d’un tiers, établissent les seuils de l’usure correspondants, publiés au JO à la fin de chaque trimestre pour le trimestre suivant », explique le courtier Vousfinancer dans une note. Les taux pratiqués par les banque étant en baisse sur les trois premiers mois de l'année, les calculs de la Banque de France ont conduit à un abaissement du plafond.

Des emprunteurs au bord de l’exclusion

En abaissant ainsi ses plafonds, la Banque de France prendrait le risque d’exclure des ménages du crédit immobilier, avertit Vousfinancer. Le courtier estime que les taux d’usure sont trop faibles pour tenir compte de la diversité des profils d’emprunteurs. Sur 20 ans, en fonction des revenus, le taux nominal proposé par une banque varie par exemple de 1,15 % à 2 %.

Certaines catégories d’emprunteurs risque de se retrouver pénalisées, notamment les profils risqués en terme de santé (sénior, risques agravés) et ceux à qui il est demandé de souscrire à plusieurs assurances. « Les emprunteurs modestes peuvent également être impactés en raison des écarts de taux pratiqués par les banques selon les revenus et l’apport », ajoute Sandrine Allonier, directrice des études de Vousfinancer.

Double peine pour les emprunteurs

Le courtier en ligne alerte aussi sur le risque d’un double effet ciseau. La Banque de France s’est basée sur les derniers barèmes des banques alors même que certaines ont légèrement augmenté leur taux, de 0,10 % à 0,20 % en moyenne. Ces augmentations sont à la marge pour l’instant et Sandrine Alllonier dit ne pas craindre de remontée généralisée à court terme. Mais si cela devait arriver dans les prochains mois, avec ces taux d’usure en vigueur, les emprunteurs se trouveraient doublement pénalisés. Certains en seraient même totalement exclus.