Catherine Charrier-Leflaive, présidente de l’Apcade

Assurance emprunteur : « La concurrence doit s’exercer librement »

Sept assureurs ont créé une association avec le courtier April pour faciliter la délégation d’assurance emprunteur. La rédaction a fait le point sur ses ambitions avec sa présidente.
Catherine Charrier-Leflaive, directrice générale d'April Santé Prévoyance et présidente de l'Apcade

Elle s’appelle Apcade et compte bien s'imposer dans le débat. L’Association pour la promotion de la concurrence en assurance des emprunteurs a décidé de s’attaquer à l’épineu sujet de la délégation, qui n’en finit pas de faire couler de l’encre. Sauf que cette fois ce sont les assureurs qui se mobilisent. Ils sont sept à avoir créé la structure aux côtés du courtier April.

On y retrouve Allianz, Aéma groupe, Aviva France, le groupe MNCAP, la MACSF, la MAIF et Malakoff Humanis, tous décidés à « s’unir pour réfléchir et travailler ensemble à l'amélioration de la transparence des prix et de la concurrence dans le domaine de l’assurance des emprunteurs », indiquent-ils dans un communiqué.

Rencontre avec Catherine Charrier-Leflaive, directrice générale d'April Santé Prévoyance et présidente de l’Apcade

Une récente étude de Securimut relève les difficultés à changer d’assurance emprunteur malgré les dispositifs Lagarde, Hamon et Bourquin. Pourquoi la délégation patine toujours autant ? 

Nous avons constaté qu'à chaque nouvelle loi censée garantir la liberté de l’emprunteur, la délégation d’assurance devient plus laborieuse. Les banques détiennent toujours 88% du marché. De moins en moins d’emprunteurs optent pour une assurance différente de celle de leur banque à la souscription de leur crédit et ceux qui le font sont souvent les plus aisés. Les ménages les moins favorisés sont plus réticents et ont plutôt recours à la loi Hamon. L’amendement Bourquin, quant à lui, n'a pas changé grand-chose car son fonctionnement est complexe. Il nécessite de connaitre la date d’échéance de son contrat, or elle n’est pas contractuelle, l’emprunteur doit la demander à sa banque.

Comment l’Apcade compte-t-elle mener le combat ?

Nous ferons des propositions concrètes à la rentrée de septembre auprès d’un ensemble d’acteurs, avec l’ambition d’améliorer la transparence des prix et de la concurrence sur ce marché, notamment en reposant la question de la résiliation infra-annuelle. Nous menons en parallèle des discussions avec les pouvoirs publics. Notre objectif est de devenir un interlocuteur privilégié sur ce sujet.

D’autres assureurs pourraient-ils vous rejoindre ?

Bien sûr, nous restons ouverts à l’idée d’accueillir d’autres partenaires qui partagent notre volonté de plus de transparence. Il faut que la concurrence puisse s’exprimer librement car la délégation d’assurance emprunteur peut représenter des économies substantielles pour les ménages, alors même que le budget assurance est l’un des plus importants pour la très grande majorité des Français.