Après les attentats, les professionnels craignent des conséquences sur l'immobilier

La vague d'attentats du vendredi 13 novembre aura-t-elle des conséquences sur les acquisitions immobilières dans la capitale ? Si elle risque de retarder certaines transactions, elle ne devrait pas causer de repli majeur.

Quelques jours après les attentats meurtriers à Paris et Saint-Denis, les conséquences potentielles sur le marché immobilier suscitent de nombreuses inquiétudes chez les professionnels. Les craintes portent sur le comportement des acquéreurs et leur appréhension à s'installer dans la capitale. 

Le premier secteur qui pose question est celui de l'immobilier de luxe, au-delà de cinq million d'euros. Une niche qui attire 80% d'étrangers. Vu de l'extérieur, les attaques suscitent des craintes encore plus fortes que chez les Français, même s'il est pour l'instant impossible de dresser un premier bilan du marché. "Indiscutablement les étrangers peuvent se dire que ce n'est pas le moment d'acheter parce qu'à Paris tout explose. Car c'est clairement l'image qu'ils ont", explique Philippe Taboret, directeur général adjoint du courtier Cafpi. 

L'autre crainte concerne l'immobilier classique. Alors que le marché est encore convalescent, l'actualité très anxiogène pourrait peser sur le manque de confiance des acquéreurs dans l'avenir. Conséquence : les biens en province pourraient voir l'arrivée plus massive de Parisiens. C'est ce qu'observe Jean-Pierre Pires directeur général du réseau Union de Crédit Immobilier. "Avant les attaques, beaucoup de Parisiens voulaient partir en province. Mais depuis, et on l'a notamment observé sur l'agglomération de Tours, ils sont encore plus nombreux."

Des envies de départ qui ne toucheraient pas toutes les villes, juge Philippe Taboret. Selon lui, "des villes symboliques comme Marseille, Lyon et Toulouse" pourraient être touchées par la vague de crainte de nouvelles attaques terroristes. Il estime que le marché va continuer à "flotter" quelque temps encore.