7 DPE sur 10 seraient faux

Une étude d'Hello Watt menée sur 221 logements questionne, une fois de plus, la fiabilité des diagnostics. 
(Firmbee.com)

Depuis le 1er janvier, les logements dits G+ (consommation d'énergie supérieure à 450 kWh/m²) ne peuvent plus être proposés en location. C'est la première application du calendrier de sortie progressive des passoires thermiques du parc locatif. Le diagnostic de performance énergétique (DPE), désormais obligatoire pour toute vente de bien, devient un précieux sésame, dont la lettre peut provoquer une décote de jusqu'à 15% du prix de vente. 

Problème, la fiabilité du DPE a fait l'objet de sévères critiques, dont celle de l'UFC-Que Choisir qui pointait des écarts de diagnostic sur un même bien. Au point de pousser l'exécutif à réagir : la Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages (DHUP) avait présenté le 5 octobre 2022 un plan d'action aux professionnels de l'immobilier pour améliorer la qualité des DPE. Il visait notamment à renforcer la compétence des diagnostiqueurs et l'outillage des organismes de certification. 

La situation semble pourtant n'avoir pas évolué puisqu'une étude d'Hello Watt vient de nouveau égratigner les diagnostiqueurs. Le conseiller en énergie a comparé l'étiquette énergétique de 221 logements avec leur consommation d'énergie par mètre carré. D'après ses calculs, 71% des DPE ne correspondent pas à la consommation du logement en kWh/m2/an, avec des écarts parfois béants. 

Dans 29 % des cas, l’étiquette énergétique correspond au calcul de consommation par m2. Dans 40 % des cas, l’étiquette ne correspond pas, et c’est une étiquette voisine qui est attribuée (comme B ou D au lieu de C). Dans 31 % des cas, l’étiquette ne correspond pas, et ce n’est même pas une étiquette voisine qui est attribuée (par exemple B pour D ou, plus grave, G au lieu de E). 

«Si on imaginait un diagnostiqueur peu scrupuleux qui attribuerait les étiquettes au hasard (en respectant la répartition nationale et sans même regarder le logement), il aurait bon dans 25% des cas, tance Hello Watt. En conséquence, il y a urgence à améliorer la fiabilité des DPE, ce qui passe par une meilleure formation et un meilleur encadrement de la filière, qui est encore jeune.»