Un intérêt renouvelé pour la formation

Karen Fiol, administratrice et présidente de la commission Formation de la CNCGP, directeur général de Fortunexpert
Les impératifs liés à la formation obligatoire continue des CIF évoluent en 2020. Ils permettent aux conseillers de s’adapter au contexte financier et règlementaire toujours plus complexe.

A l’heure de l’intégration dans les portefeuilles des nouveaux plans d’épargne retraite (PER), l’actualisation des compétences des intermédiaires d’assurance (IAS) est une évidence. Dans un contexte financier marqué par l’atonie des taux de rendements des fonds euros des contrats d’assurance vie, la vérification et la mise à niveau des connaissances minimales revêt également une importance fondamentale pour les conseillers en investissements financiers (CIF).  

 

Une évolution profonde

Pour un métier multi-réglementé tel que le conseil en gestion de patrimoine, l’année 2019 a été marquée par la mise en œuvre des 15 heures de formation continue obligatoire au titre du courtage en assurances. Du côté des CIF, une attention particulière a été portée à la validation de leurs heures de formation obligatoire. Supervisé par l’Autorité des marchés financiers (AMF), le dispositif mis en œuvre au titre des années 2017, 2018 et 2019 avait pour vocation la vérification des connaissances minimales de ces professionnels avant le passage en 2020 à la certification AMF pour tout CIF entrant dans la profession. D’ailleurs, la validation de ces modules avant la fin de l’année 2019 a permis à ces conseillers d’être exemptés d’obtention de certification AMF en 2020. La date butoir du 31 décembre 2019 a représenté un véritable enjeu pour les dirigeants et les salariés de structures CGP puisque, en cas de défaut de formation, ces professionnels perdaient la faculté d’exercer leur métier. Au final pour la CNCGP, seuls deux dirigeants de cabinets se sont trouvés en défaut de formation.

 

Une formation pratique

Cette année, que les CIF soient titulaires des trois modules ou qu’ils soient certifiés AMF, ils devront s’astreindre aux traditionnelles sept heures de formation annuelles. Celles-ci ont été conçues par la CNCGP de manière pratique car l’ensemble des étapes qui formalisent le devoir de conseil a été appréhendé. Il en va ainsi, par exemple, de l’entrée en relation et de la bonne utilisation des documents dédiés, dont celui destiné à la connaissance client. La contractualisation de la relation d’affaires est appréciée au regard de la gouvernance produite, la lettre de mission et le rapport d’adéquation. La méthode du suivi du client et les règles visant à protéger les données personnelles complètent le dispositif de formation annuelle continue.

Pour les conseillers qui détiennent la carte de transaction immobilière, ce sont 14 heures de formation qui sont à suivre par année afin de justifier auprès des Chambres de commerce et d’industrie du suivi triennal de 42 heures de formation, dont deux heures de déontologie, lors du renouvellement de leur carte professionnelle. Pour les intermédiaires en opérations de banque et services de paiement (IOBSP), une obligation de formation continue de sept heures doit être respectée. Pour mémoire, une telle charge concerne toutes les personnes, dirigeants et salariés, qui disposent d’un statut spécifique.

 

La priorité de la lutte anti-blanchiment

Cette année, la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme apparaît comme une priorité des autorités publiques, à commencer par l’AMF et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Un module qui traitera spécifiquement en 2020 de la liste dédiée au gel des avoirs, le GAFI et les personnes politiquement exposées (PPE) a été conçu par la CNCGP ainsi qu’une formation de deux heures qui doit accompagner les collaborateurs.

Enfin, le métier de CGP n’étant pas juridiquement reconnu, il est évident que celui-ci ne peut être défini que grâce aux statuts qui le composent. C’est la raison pour laquelle le CGP se doit d’être multi-accrédité. Pour rappel, le statut de CIF constitue l’une des composantes de l’activité de ces experts du conseil en gestion privée qui disposent de la compétence juridique appropriée (CJA) mais aussi d’une pluralité de statuts d’intermédiaires, en courtage d’assurance (IAS), en immobilier, et en opérations de banque et services de paiement (IOBSP).