Compression des taux de rendement, le HCSF livre son analyse

Dans son rapport publié à la fin du mois de juin 2017, le Haut conseil de stabilité financière a notamment détaillé la situation des compagnies d’assurance, confrontées à une situation persistante de taux bas

Le rapport en question est accessible ici. Un extrait est reproduit ci-dessous :

L’environnement de taux bas a persisté tout au long du premier semestre 2016 avant un léger redressement de la courbe des taux au cours de la seconde moitié de l’année.

La persistance de cet environnement de taux bas a continué de comprimer la rémunération des supports euros qui est passé de 2,27 % en 2015 à 1,93 % en 2016 selon l’enquête de l’ACPR sur les contrats individuels.

Le rendement net moyen des supports en unités de compte a quant à lui été de 3,9 %, profitant ainsi de la bonne performance de la plupart des marchés boursiers au cours de l’année.

Le niveau de revalorisation des fonds euros est toujours significativement supérieur au taux sans risque à la même date. Cette surperformance s’explique par l’historique de la constitution des portefeuilles d’actifs des assureurs vie qui conduit ces compagnies à détenir des actifs obligataires à haut rendement, résultant d’investissements réalisés dans un environnement de taux plus élevés.

Cette forte baisse s’explique en partie par la baisse du rendement des actifs détenus par les assureurs du fait des réinvestissements obligataires réalisés à un taux facial faible (ainsi que l’investissement des sommes collectées sur les contrats) mais également par la mise en réserve prudente des bénéfices distribuables aux assurés par le mécanisme de la provision pour participation aux bénéfices qui permet de différer, jusqu’à huit ans, les paiements dus aux assurés.

En cas de remontée rapide des taux d’intérêt, la distribution de cette réserve pourrait permettre aux assureurs vie de prévenir un accroissement des rachats en limitant la perte de compétitivité de l’assurance vie dont les rendements pourraient être dynamisés par les reprises de cette réserve.

L’absence de vague de rachats en période d’inversion rapide de tendance des taux d’intérêt est cruciale car elle permet de réduire les liquidations d’actifs en moins-values latentes et donc les pertes financières pour les assureurs.

 

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