Nouveau départ dans la gestion actions d'Amundi

NewsManagers

Nouvelle nomination chez Amundi, mais aussi nouveau départ. La société de gestion française a annoncé hier la nomination de Cristina Matti en tant que responsable de la gestion actions small & mid cap européennes et des stratégies pays. Selon nos informations, cette nomination fait suite au départ de Caroline Gauthier, qui partageait ce poste avec Cristina Matti depuis la fusion avec Pioneer. Caroline Gauthier devrait rejoindre bientôt La Financière de l'Echiquier, a appris NewsManagers.

Le groupe français est donc confronté à un nouveau désistement dans sa gestion actions après celui de Romain Boscher, co-responsable de la gestion actions européennes il y a quelques jours. "Les départs sont très souvent le fait des anciens d'Amundi qui ont dû partager leurs responsabilités depuis la fusion avec Pioneer", commente un proche du groupe qui assure que d'autres désistements pourraient intervenir bientôt dans les gestions actions et diversifiées. Avant la fusion, Cristina Matti était ainsi responsable small & mid cap européennes et responsable stratégies pays chez Pioneer à Milan. Bien que le groupe italien soit plus petit par la taille des actifs, la main lui a été donné dès le départ dans certaines gestions actions et diversifiées sur l'organisation, la stratégie et les comités de gestion, provoquant le mécontentement de certains salariés d'Amundi.

La plupart des gérants concernés ont du coup profité du plan de départ volontaire pour négocier leur sortie. Avec la fusion, 134 postes doivent être supprimés en France. Le groupe avait annoncé un plan de départ qui concernait un total de 500 postes au niveau mondial. Toutes les fonctions sont concernées. Mais dans l'activité de gestion, il a été décidé en parallèle de la mise en place de centres d'expertises, dont plusieurs existants chez Pioneer et qui ont fait perdre à Paris son rôle central au sein du groupe pour certaines des expertises. Ainsi, la gestion actions européennes est dirigée aujourd'hui par Diego Franzin, un ancien de Pioneer, lui-même basé en Irlande. Selon nos informations, environ 400 demandes de départs volontaires auraient été formulées rien que pour la France. "Mais le groupe n'est pas satisfait car il n'a pas eu assez de demandes côté gestion. Ceux qui veulent partir dans cette activité sont plutôt les bienvenus à quelques exceptions près", explique toujours cette source.

Le plan de départ négocié serait plutôt intéressant. Il propose notamment jusqu'à 27 mois de salaire avec suffisamment d'ancienneté ou un an de salaire payé en cas de création d'entreprise. Mais les négociations sont souvent âpres selon un témoin. Certains responsables qui ont demandé à partir ont eu des stock-options lors de la cotation d'Amundi en novembre 2015, bien avant que le rachat de Pioneer ne soit envisagé. Or, ces responsables sont censés les conserver trois ans minimum tout en restant dans le groupe pour pouvoir les exercer. A l'inverse, pour retenir les meilleurs gérants chez Pioneer, Amundi aurait accepté lors de la fusion de verser des bonus garantis pendant deux ans.

Dans un entretien accordé récemment à Financial News, Yves Perrier, le directeur général d'Amundi ne cachait pas avoir " choisi les équipes qui ont eu les meilleures performances au cours des quatre dernières années et, en conséquence, nous proposons le départ volontaire pour les autres".